La route d’Abbeville à Amiens, modèle de non-anticipation

La Municipalité a sans doute voulu marquer les esprits en remodelant totalement la route d’Abbeville. Comme tous les Amiénois ont pu le constater depuis la fin des travaux, en septembre, les bus y circulent désormais en voies centrales et sont prioritaires sur les voitures aux giratoires et feux tricolores qui régulent la circulation.

Leur nouvel amour pour les autocars a conduit le maire et son équipe à leur dérouler le tapis rouge un peu partout en ville, quel qu’en soit le prix pour les automobilistes et même les piétons. Avec sans doute une arrière-pensée : si un tramway devait s’installer un jour à Amiens, cette organisation de la chaussée se généraliserait sans doute…

Le problème, c’est que les travaux ont débouché sur une usine à gaz routière dont les Amiénois peinent à appréhender la logique. C’est le Courrier Picard qui a allumé la mèche dans un article du 6 octobre intitulé « une copie à revoir route d’Abbeville ». Les automobilistes sont perdus : quand et à qui doivent-ils céder la priorité ? Les piétons sont inquiets : quand et où doivent-ils traverser la chaussée ? Les bus, eux, se sont vite adaptés au système : ils sont nombreux à prendre la voie réservée à contresens, déclenchant les feux rouges pour les voitures après leur passage ; ils anticipent parfois même le passage de leur feu au vert… Trois mots reviennent : compliqué, dangereux et inutile. Inutile car ces travaux forts coûteux pour la collectivité ne font gagner sur l’axe – au mieux – que quelques malheureuses minutes aux usagers des transports amiénois .

La Municipalité promet depuis mars 2008 un vaste plan de réaménagement des transports dans notre ville. Les dernières actualités à ce sujet démontrent qu’elle ne sait pas anticiper, qu’elle ne sait pas faire des choix et se contente de coller des rustines sur des dossiers mal ficelés.

Sur un autre sujet, il est donc peu surprenant que Valérie Wadlow s’étrangle à l’évocation des 19 millions d’euros investis par l’équipe de Gilles de Robien pour un parking souterrain au centre de la ZAC Gare-La Vallée, résultat d’un projet, d’un choix, d’une anticipation (voir l’article de Benoît Mercuzot à ce sujet).

Tout ce qui fait aujourd’hui défaut à la majorité municipale.

1 commentaire à “La route d’Abbeville à Amiens, modèle de non-anticipation”


  1. 0 JCV 13 nov 2009 à 10:19

    Merci à l’auteur pour tous ces articles ô combien véridiques !

    Bien sûr, dans l’intérêt de notre ville et de ses citoyens, ne regardons pas le passé, tentons de ne pas regretter « l’ère de Robien », évitons de juger une action politique contre une autre, mais force est de constater que la voie de l’avenir n’a pas encore été tracée !

    Pour la route d’Abbeville, c’est aberrant !! Utilisateur quasi-quotidien de cet axe, je n’ai tout d’abord pas compris tous ces changements. On ne peut pas dire que le lieu était particulièrement accidentogène et que les « bouchons » étaient fréquents. Mais certainement par soucis de création et de « je veux laisser une trace », la nouvelle municipalité a semblé bon nous inventer une circulation encore jamais vu ailleurs !

    Encore une fois, ne regrettons pas le passé, mais cher Maire, de grâce, épargnez-nous des changements et réalisations couteux et inutiles !

    Innovez dans de réels projets (économiques par exemple) !!!

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