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Archives pour janvier 2010

Retour des bus dans le centre d’Amiens : entre choix, mi-choix et non-choix

Le retour du bus en centre-ville continue à faire des vagues. Alors que tout le monde semblait s’accorder sur l’objectif à atteindre, la méthode employée et les choix opérés par la Municipalité suscitent de nombreuses critiques.

Les commerçants ont frappé fort, avec un reportage diffusé le mardi 12 janvier par le 13H de TF1, présenté par l’Amiénois Jean-Pierre Pernaut. Ce reportage (à visionner en cliquant ici), 13h-JDAqui donne la parole aux opposants à la fermeture à la circulation des voitures de la place René Goblet, a provoqué l’ire de l’Hôtel de Ville. La mairie a répliqué par un article dans le JDA (voir-ci-contre) aux cris de Que Nenni! Que pouvait-elle faire d’autre, la pauvre ?

Même si le reportage de TF1 n’est pas exempt de critiques, il reflète les préoccupations de nombreux automobilistes et commerçants Amiénois. En leur fermant la place Goblet, la Municipalité a de facto fortement limité la circulation des voitures dans l’hypercentre, puisque ce passage en représentait le point névralgique. Par ailleurs, l’accès aux parkings souterrains du Nord se fait plus difficilement puisque, s’il n’est pas nécessaire de « contourner Amiens« , il faut au minimum contourner son centre, ce qui constitue une perte de temps pour nombre de métropolitains.

La fermeture de cette place a-t-elle réellement fait l’objet d’une concertation efficace avec les commerçants et riverains du secteur ? Manifestement non, et la Municipalité a persisté dans sa stratégie consistant à tenter de satisfaire tout le monde. Les Verts voulaient la fermeture de tout l’hypercentre aux voitures. Les commerçants, quant à eux, souhaitaient le passade des voitures et des bus. Finalement, ce fut un peu des deux… Pour un résultat en demi-teinte.

Le retour des bus en centre-ville, tel qu’il a été réalisé, constituerait « une solution au plus près des attentes de chacun« , selon Thierry Bonté (Amiens Forum de décembre). Et pour d’autres ? « Du grand bazar ; une décision hâtive et mal ficelée techniquement ! » Ces propos, que l’on pourrait attribuer à l’opposition, sont tenus sur le blog d’Emilie Thérouin, adjointe verte à la sécurité. La jeune élue y relaie la position de son groupe à ce sujet. Au sein même de la majorité, la contestation couve…

La fermeture de l’ensemble du centre-ville aurait provoqué une levée de boucliers sans précédent, mais aurait indéniablement dénoté un certain courage politique. Il est temps, en effet, de s’interroger sur la place que doit occuper le véhicule individuel dans notre ville. Cet enjeu fait partie intégrante de la problématique des transports. Pas moins des trois quarts des usagers des bus amiénois ne disposent pas d’autres moyens de se déplacer. Cette clientèle, si elle disposait demain d’une voiture, n’userait plus les banquettes des bus Ametis. Diminuer l’intérêt de la voiture en ville ne rendrait-il pas nos bus plus attractifs ? Oui, à condition de disposer en premier lieu d’un réseau de transport efficace. Changer les plans de manière précipitée – ce qui s’est produit pour le retour des bus sur l’axe Beauvais-Duméril-Beauvais – n’est cependant pas le critère principal d’un réseau efficace.

Amiens manque pour l’heure d’une réelle gouvernance. Il semble en effet plus simple de critiquer l’absence d’une vision politique de la part de la Municipalité que la politique elle-même. Quant au courage, il s’efface à l’épreuve de la sacro-sainte – mais bancale – concertation municipale…

 

Le Pharaon Demailly Ier veut un tramway à Amiens : chimère ou lubie ?

Le maire l’a dit et redit en Conseil municipal : il ne cherche pas à faire rêver, mais à « recréer » du lien social en privilégiant, notamment, le logement. La presse municipale ne dit pas autre chose : finis les projets « pharaoniques » pour lesquels la ville d’Amiens est trop petite. Que Gilles Demailly se rassure, les Amiénois ont effectivement cessé de rêver…

Malgré tout, la stratégie éprouvée consistant à critiquer toutes les options choisies sous l’ère Robien conduit la Municipalité à contredire ce discours fédérateur. Le Courrier Picard l’avait noté, le maire s’est à nouveau déclaré ouvert à la perspective d’un tramway amiénois, que la Municipalité précédente avait a priori écarté. Le tramway, cette vieille chimère picarde, fait bien entendu partie des fantasmes des habitants de notre ville. Qui ne s’imagine pas parcourant la rue des Trois Cailloux à bord de l’une de ses rames ? En matière de transports, la préférence de Gilles Demailly « va vers un tram« . Discours facile à prononcer qui caresse les oreilles crédules des Amiénois qui n’anticipent pas la hausse future des impôts locaux.

Il est en effet un moment où le rêve se heurte à la réalité. C’est lorsque cette réalité est ignorée que l’on peut parler de « projet pharaonique« . Le tram, n’en déplaise aux habitants de notre ville, fait malheureusement partie de ces projets.

Selon Gilles Demailly, « le coût de construction [d'une ligne de tramway] a tendance à diminuer« . Il n’empêche qu’il faut aujourd’hui compter un minimum de 15 à 20 millions d’euros pour s’offrir un kilomètre de tramway. Une somme pour une ville dont l’étendue équivaut à celle de Lyon !

Sans rentrer dans les détails, comparons notre situation à celle de la belle ville d’Angers, dont le tram devrait être inauguré en 2011. La capitale de l’Anjou a fait le choix d’un tramway à alimentation par le sol, comme Bordeaux, ce qui fait grimper la note à 29 millions d’euros par kilomètre. Est-on en effet prêt, à Amiens, à voir les caténaires et câbles d’alimentation se  répandre en ville ?

Angers comptant environ 150 000 habitants contre 136 000 pour Amiens, nous pouvons considérer que nos situations sont comparables. Alors, pourquoi eux et pas nous ? Pas nous, en raison d’une trop faible densité amiénoise : 2.700 habitants au km² contre 3.500 à Angers. Par ailleurs, l’agglomération amiénoise ne dépasse pas 200.000 personnes, contre 340.000 à Angers. En clair, nous ne sommes pas suffisamment nombreux à habiter une ville bien trop étendue, ce qui obligerait à construire des lignes de tramway d’une longueur et d’un coût excessifs relativement à nos moyens, sans garantie d’une clientèle suffisante pour rentabiliser l’investissement.

La cité angevine a dépensé 240 millions d’euros pour 12 kilomètres de ligne, soit la distance approximative qui sépare la zone industrielle Nord du Sud-est amiénois (à titre d’exemple), mais avec beaucoup, beaucoup plus d’habitants susceptibles de prendre place dans l’une des rames du tram.

Qu’est-ce que le tram amiénois ? Des centaines de millions d’euros dépensés, des années de travaux pénalisant le chiffre d’affaires des commerçants, ainsi que la circulation des voitures et des bus (le maire s’en remettra-t-il ?) pour un résultat qui est loin d’être garanti en terme d’aménagement et comporte un risque majeur d’enlisement budgétaire… Cela ne ressemblerait-il pas à un projet pharaonique ?

Le maire a toujours accusé la Municipalité précédente d’avoir commandé sur le sujet une étude dont les conclusions étaient connues d’avance. Ne doutons pas qu’il en sera autrement cette fois-ci…

Dossier spécial de Ouest France sur le tram d’Angers en cliquant ici.

Quelle place pour l’expression des conseillers municipaux d’opposition à Amiens ?

J’ai récemment évoqué le durcissement politique de la majorité transparaissant dans les pages d’Amiens Forum. Ces derniers mois, nous y avons vu fleurir de véritables argumentaires militants opposés au Gouvernement et des attaques de plus en plus directes à l’endroit de l’ancienne équipe Robien et de l’actuelle opposition. Cette attitude m’a amené à m’interroger sur la place qui devrait être normalement dévolue à l’opposition municipale dans un tel contexte et à celle qui est effectivement accaparée par la majorité.

La majorité parlant politique nationale et vantant sa propre action tout au long d’Amiens Forum et du JDA, elle dispose par ailleurs de tribunes politiques, au même titre que les deux groupes d’opposition. Pourtant, dans un jugement rendu le 4 novembre 2008, le tribunal administratif de Montpellier précisait que « l’espace d’expression consacré à l’expression des conseillers municipaux doit être réservé uniquement à ceux qui n’appartiennent pas à la majorité« . Ce qui peut paraître tout à fait logique.

Quid du site Internet, sur lequel l’équipe Demailly ne se gêne pas pour réprouver la politique passée de Gilles de Robien ou celle présente du Gouvernement (voir par exemple ici) ? La réponse du Ministère de l’Intérieur à une question écrite d’une députée de la Moselle nous donne la réponse : « si le site Internet de la ville offre une diffusion régulière d’informations sur les réalisations et la gestion du conseil municipal, en vertu du droit que leur reconnaît la loi, les conseillers minoritaires doivent y avoir une tribune politique » (voir ici pour la question et la réponse). De ce côté, de grands progrès sont donc à faire à Amiens.

Enfin,  le groupe d’opposition MPA au Conseil municipal est-il réellement structuré? En effet, la loi lui permet de rémunérer, si cela n’est pas encore fait, un collaborateur à hauteur de 30% du total des indemnités de fonction versées aux élus du groupe (article 14 de la loi du 27 février 2002). Ceci s’applique pour les communes de plus de 100.000 habitants.

Certains diront évidemment que tout cela ne s’est jamais appliqué lorsque Gilles de Robien occupait le siège de maire, mais il faut un début à tout. Gilles Demailly ne cessant de clamer son attachement à la démocratie locale et son souci d’une exemplarité de l’exercice du pouvoir, voici une bonne occasion de faire avancer les choses.

L’opposition serait, selon le communiste Laurent Beuvain dans le dernier Amiens Forum, « inutile, stérile et en déphasage avec la réalité« . Au-delà de cette conception toute communiste de la démocratie (les communistes nous ont par le passé déjà démontré qu’il n’est pas utile d’avoir une opposition), voilà une bonne occasion de lui donner les moyens de faire mieux…



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