Comités de quartier d’Amiens : modèles hier, moutons noirs aujourd’hui

conseilsdequartieramiens.jpgJ’ai effectué mes études de l’autre côté du pays, dans la première moitié des années 2000. Lors d’un cours sur la démocratie locale, et plus précisément sur la loi du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité, la situation d’Amiens avait été abordée par l’un de mes conférenciers. Ce dernier ne pouvait être taxé de partialité et ignorait mes origines. Cela ne l’a pourtant pas empêché de qualifier la capitale picarde de « ville la plus démocratique de France« . Ces mots résonnent encore dans ma tête…

Ses arguments étaient simples : par le dynamisme qu’elle avait su insuffler aux comités de quartier, la Municipalité s’était érigée en précurseur de la démocratie locale. La loi de 2002, selon ce même conférencier, affichait des ambitions moindres que ce qu’avait atteint Amiens. Mon sourire d’alors, ma fierté d’être Amiénois, apparaissent aujourd’hui comme un souvenir.

Pourtant, à écouter Gilles Demailly, nous sommes sortis en mars 2008 d’une période dictatoriale pour entrer dans l’ère du dialogue, voire de la démocratie directe. Le maire l’avait promis : une concertation systématique et intense devait désormais précéder les grandes décisions de la Municipalité. Dans le même esprit,  les conseils d’habitants, tirés au sort, devaient amener l’Amiénois d’en bas à réfléchir à son avenir. Par ces moyens, nous devions revenir de l’obscurantisme dans lequel Gilles de Robien nous avait plongé. C’est le toujours clairvoyant Jacques Goffinon qui le dit : « Autrefois, la Ville d’Amiens était dirigée par une petite secte de personnes suffisantes, celles de sont (sic) cabinet » (voir le blog abandonné de l’adjoint à la fête).

Aujourd’hui, tout devrait donc aller beaucoup mieux, grâce à « une équipe à l’écoute permanente de sa population« , dixit l’adjoint.

Sauf que. L’échec patent de la stratégie de communication de la Ville saute chaque jour un peu plus aux yeux des Amiénois. Les manifestations, les actions coup-de-poing des commerçants de la place René Goblet ne sont que le plus spectaculaire. L’utopie coupable dont fait preuve la Municipalité rend interminable la prise de décision, sans pour autant déboucher sur des choix pertinents.

J’ai repensé aux mots de mon enseignant en découvrant l’article que le Courrier Picard consacre ce samedi 20 mars à l’Union des comités de quartiers. Mis sur la touche depuis 2008 car accusés d’une trop grande proximité avec la Municipalité précédente (n’est-il pas nécessaire pour un comité de quartier de travailler main dans la main avec la Mairie?), les comités se voient aujourd’hui couper les vivres. En attendant leur mort prochaine?

Pour leur signifier qu’après 20 ans de travail, ils ne sont plus que des associations comme les autres, le Premier adjoint en charge de la démocratie locale n’a pas daigné se déplacer. Voilà une nouvelle preuve de la fibre diplomatique de l’équipe en place.

Quant aux  conseils d’habitants, ils n’ont semble-t-il pas encore été en mesure de prendre le relais. De bonne augure pour la démocratie locale…

 

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