Archives pour avril 2010

Le climat se dégrade pour la Municipalité, sauf dans « Amiens Forum »

Membre de ce que l’on appelle encore la majorité, le conseiller communiste Cédric Maisse pose la question sur son blog: « Quel est l’objectif réel d’Amiens-Forum? »

Alors qu’elle a constitué le coeur de l’actualité politique amiénoise en mars, la contestation issue de la fermeture de la place René n’a droit qu’à quelques lignes dans le numéro d’avril d’Amiensforum… Pourtant, la presse municipale s’est spécialisée dans les contestations en tous genres : manif contre les suppressions de postes, en soutien aux Contis, aux Goodyear, contre telle ou telle réforme gouvernementale, etc. Que près d’un millier d’Amiénois défilent rue des Trois cailloux ne mérite donc qu’un maigre article au bas de la page consacrée au débats du Conseil municipal et titré « René-Goblet: la coupe est pleine« … Cet article, loin d’informer les Amiénois qu’une manifestation d’ampleur s’est déroulée dans leur ville, laisse à penser que l’opposition est à l’origine des troubles créés au sein de l’assemblée communale. 

On comprend que la Municipalité veuille passer à autre chose et tente de noyer le poisson. La popularité des élus de la majorité, malgré un climat national qui devrait pourtant leur profiter, s’est déjà particulièrement émoussée après deux années de pouvoir. De toutes parts, des mouvements de contestation affluent. Les Amiénois, souvent perplexes sur la politique de l’équipe Demailly, ont chaque jour l’occasion de croiser des mécontents, de constater la pertinence de certaines critiques, de s’interroger sur quelques inconstances.

Les contestations sont en effet légions! Et une manifestation chasse l’autre: les animateurs de l’Institut Lumière refont parler d’eux. Comme nous en avions parlé il y a quelques mois, ils réclament la prise en charge par la ville de l’extension de leur institut culturel voué aux cultures arabo-musulmanes. Ce que la mairie a refusé considérant que cela constituerait une entorse au principe de laïcité. Problème: l’Institut accuse désormais nommément Gilles Demailly d’avoir promis cet investissement lors de la campagne de 2008. Une foule de plusieurs centaines de personnes s’est donc déplacée pour déposer en mairie une pétition signée par… 14.000 personnes! Tout en prévenant qu’elles « sauront en tenir compte lors des prochaines élections« . Là encore, la presse municipale fait état de son zèle : rien…

« Vivement les vacances! » pensent distraitement certains conseillers…

Barreau TGV Creil-Roissy : la Municipalité d’Amiens cultive les miettes

TGV AmiensA la fin des années 1980, Amiens avait raté cette chance incroyable de pouvoir être raccordé au réseau à grande vitesse. La maigre aura de la capitale picarde, alliée à l’influence majeure du premier magistrat lillois, ont alors coûté à notre ville un bond dans son développement tout en la blessant dans son orgueil. Depuis 1993, à 45 kilomètres d’Amiens, la « gare des betteraves » symbolise cette blessure jamais totalement cicatrisée. Un affront, qui aurait pu dégénérer en saignée, quand cette gare servit d’argument aux défenseurs du projet de plateforme aéroportuaire dans le Santerre.

Certes, on ne le dira jamais assez, Amiens a changé depuis 1989. La ville a cependant manqué ce rendez-vous historique avec le TGV. Il ne se passe d’ailleurs pas une année sans qu’un article de presse ou un discours politique ne fasse référence à cet échec ou relance l’espoir d’une nouvelle ligne Paris-Amiens-Calais. Cette dernière constitue depuis des années l’objet d’un combat dont on ne sait si et quand il aboutira. Fin 2008, les parlementaires de la Somme et de la Côte d’Opale se sont unis pour faire adopter un amendement au Grenelle 1 qui donne une perspective à ce combat. La ligne Paris-Amiens-Calais soulagerait la ligne actuelle Paris-Lille, en voie de saturation, tout en réduisant de manière conséquente le temps de trajet entre Paris et Londres (voir la question au Gouvernement d’Olivier Jardé).

La Municipalité communique aujourd’hui sur la chance « historique » que constitue la réalisation, promise pour 2020, du désormais célébrissime projet de barreau entre Creil et Roissy, qui inaugurerait une connexion entre Amiens et le réseau TGV métropolitain. Doit-on s’en réjouir?

Les élus du Val d’Oise, toutes tendances politiques confondues, sont montés au créneau pour dénoncer ce projet qui, selon eux, se réalisera aux détriments des habitants de leur département. La perspective de 2020 étant encore lointaine, il y a fort à parier que des résistances viendront se heurter aux rêves des élus amiénois.

Pendant ce temps, il est bien évident que le projet de ligne à grande vitesse Paris-Amiens-Calais sera renvoyé aux calendes grecques. D’autant que la bonne amie de Gilles Demailly, Martine Aubry, a utilement précisé lors d’un conseil de communauté urbaine qu’elle veut absolument « que les voyageurs en transit vers le Nord de l’Europe continuent à passer en TGV par Lille« .  La solidarité socialiste unissant les deux édiles devrait donc conduire le maire d’Amiens à faire profil bas et à fêter la construction hypothétique d’un barreau ferroviaire de sept kilomètres.

Avec un trajet entre Amiens et Roissy de 55 minutes et sept liaisons par jour, le TGV sera-t-il pour les Amiénois autre chose qu’un moyen de transport pour les vacances? Il est plus probables que les principaux bénéficiaires de cette liaison soient les habitants de Creil, qui pourront se rendre plus rapidement au travail à Roissy. Les Amiénois travaillant à Paris continueront, eux, de prendre le Corail Intercités.

Doit-on se réjouir de la construction de ce barreau Creil-Roissy? Oui, nous pourrons prendre des photos du TGV dans la gare d’Amiens…



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