Le Courrier Picard a relayé et étayé il y a quelques semaines un bruit annonçant l’arrivée possible de Marie-Noëlle Lienemann à Amiens (article du 03/06 ici). L’ancienne secrétaire d’Etat de Lionel Jospin, que l’on place à l’extrême gauche du PS, s’est spécialisée dans le parachutage politique: née à Belfort, mais députée de l’Essonne en 1988, adjointe au maire de Massy de 1977 à 1989, maire de Athis-Mons de 1989 à 2001 ou encore conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais de 2004 à 2010… Vous pouvez d’ailleurs admirer sa jolie collection de mandats sur la page Wikipedia qui lui est consacrée. Conseillère municipale d’Hénin-Beaumont (62) jusqu’en avril 2009, elle a quitté la ville suite à la révélation de malversations financières opérées par le maire PS de la commune (qui a fini en prison) et se cherche donc un nouveau point de chute. Madame Lienemann le dit elle-même: « Je n’ai pas l’intention de rester en retraite de tout mandat » (sic). Ambition légitime au regard de son palmarès…
Marie-Noëlle Lienemann a donc entamé son opération séduction en venant soutenir, avec la réussite que l’on sait, le candidat socialiste à la dernière élection cantonale partielle. Ce fut peut-être une occasion de voir à quoi ressemble Amiens avant de lui déclarer une flamme que l’on soupçonne sans limites.
Deux ans après sa victoire, le PS se cherche donc déjà un nouveau leader pour conserver Amiens. Voilà qui confirme deux soupçons.
Si la « Rue de Solférino » cherche maintenant à envoyer un cador national pour s’occuper de la capitale picarde, c’est qu’elle perçoit la nécessité pour le parti d’y implanter un leader sur la durée afin d’y asseoir sa domination. Si elle ne l’a pas fait avant, c’est que le risque d’une défaite lui a semblé, en 2008, trop important. Vincent Peillon, autre amateur de parachutes longtemps pressenti, a même préféré renoncer et filer dans le Sud pour conserver un mandat crédible plutôt que de se frotter à Gilles de Robien. Victoire surprise donc: si la chance avait été réelle, jamais Gilles Demailly n’aurait été tête de liste… Mais ce n’est pas le pire!
Le pire, c’est que le PS pense à quelqu’un d’autre que le maire actuel pour les municipales amiénoises de 2014. Cela signifie que le PS craint déjà la perte de la ville et ressent le besoin d’y implanter une personnalité nationale crédible. Cela confirme également le faible poids de Gilles Demailly auprès des instances nationales du PS, puisque sa légitimité et sa crédibilité sont les principales victimes d’une ambition que l’ancienne ministre ne prend même pas la peine de démentir. Même si elle ne devient pas maire dès 2014, qui peut en effet penser que Marie-Noëlle Lienemann ne détiendra pas la clé – ou son double - du pouvoir municipal. Nous n’imaginerons pas ici que le PS national pense au bien d’Amiens: cela n’a jamais été le cas.
Le dernier mot reviendra à notre parachutiste en chef : « Si je viens, ça ne sera pas par hasard… ». Bien entendu: si elle vient, ce sera uniquement parce qu’elle ne peut pas aller ailleurs!
L’ancien maire d’Amiens et ancienne députée européenne a remporté ce soir son duel face au socialiste Romain Joron et reconquiert le canton Sud-Est. Au-delà de la satisfaction de voir le travail de terrain récompensé, tous ceux qui partagent les opinions de ce blog se réjouiront de ce premier pas entamé vers la reconquête de notre ville. Certes, l’abstention s’est maintenue à un niveau élevé. Cependant, il s’est avéré que la capacité de mobilisation de l’électorat était supérieure parmi les opposants à la Municipalité et au Département. Malgré les divisions initiales, l’opposition municipale l’a emporté. Réjouissons-nous donc pour Brigitte Fouré, qui mérite cette victoire. Réjouissons-nous pour Amiens.
Une nouvelle fois, la stratégie de l’équipe Demailly consiste à laisser pourrir la situation. S’engager dans la résolution du conflit présenterait en effet le risque d’être critiqué. Et la critique, la Municipalité déteste ça. Qu’il n’y ait rien à redire de sa politique est beaucoup plus confortable, sauf pour les usagers des transports amiénois. Bref, ne rien faire pour ne pas risquer de mal faire… Thierry Bonté et Gilles Demailly préfèrent se concentrer sur un seul sujet : avec une telle actualité, comment rendre présentables les statistiques de fréquentation des bus, régulièrement portées aux nues depuis janvier par la Municipalité. Pire : les Amiénois pourraient se rendre compte que les trams, vantés cette semaine en une du JDA, pourraient eux aussi être un jour paralysés par leurs conducteurs.
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