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Archives pour juillet 2010

Tramway à Amiens: la Municipalité poursuit l’opération séduction au Mans

Il ne se passe plus un mois sans qu’un article ou un discours ne fasse référence au tramway, je l’ai déjà dit. Le sort en est-il jeté? Il y a un an, Gilles Demailly expliquait devant un expert venu de Montpellier que, sous Gilles de Robien, “les études étaient biaisées”, ne laissant aucune chance au tram à Amiens. Voilà aujourd’hui que le maire entame le chemin strictement inverse…

Amiens Forum se penche sur le tram du MansIl y a quelques semaines, des représentants des conseils d’habitants se sont rendus au Mans pour découvrir ce qu’est un tram dans une ville comparable. Relatée par Amiens Forum sous le titre « Les conseils d’habitants transportés par le tramway« , cette visite a permis à 16 Amiénois de « découvrir ce transport qui séduit de plus en plus de villes« . Certes, un tramway dans un centre-ville, c’est joli et moderne, chacun en conviendra. Si l’objectif était de montrer un tramway à quelques habitants, se déplacer jusqu’au Mans n’était pas indispensable puisqu’il en existe à Valenciennes et Paris.

Pas indispensable, mais la Mairie souhaitait argumenter sur le fait que l’agglomération du Mans est comparable à celle d’Amiens et que, pourtant, l’une a le tram et pas l’autre.

Les deux villes sont en effet du même acabit en termes d’habitants et de densité. Une exception tout de même: la densité métropolitaine mancelle est deux fois supérieure à celle d’Amiens. Par ailleurs, Le Mans, qui est la plus petite agglomération française à avoir construit un tramway, figure au 33ème rang national, Amiens se contentant de la 41ème place.

La préfecture de la Sarthe dispose en outre de plusieurs atouts d’ampleur, au premier rang desquels figure le TGV. La ville bénéficie en effet d’une connexion directe au réseau et non d’un vague barreau de consolation. Le Mans est donc à moins d’une heure de Paris, potentiellement à quatre de Londres, et attire de nombreux cadres de la capitale… Chaque année, la ville vibre au rythme de la course mondialement connue des 24 heures, qui exige une organisation exemplaire des transports. Le Mans accueille enfin une équipe de football qui vient de passer cinq saisons consécutives en L1… Bref, tout n’est pas comparable entre nos deux villes.

Alors oui, un tramway en ville bouleverse le rapport au transport en commun, c’est certain. Toutefois, si Amiens doit tendre vers une telle réalisation, il nous faut nous poser les bonnes questions et pas simplement nous émerveiller, comme semblent l’avoir fait, selon Amiens Forum, nos conseillers habitants en vadrouille.

Ces 16 Amiénois ont-ils abordé les questions qui fâchent, notamment l’incidence économique pour les commerçants durant les travaux? Ont-ils été informés du nombre de commerces qui ont dû mettre la clé sous la porte suite à l’exil des chalands? Ont-ils été instruits du niveau de la fiscalité locale avant et après la réalisation du projet? Ont-ils été sensibilisés à l’évolution du prix du ticket d’accès aux bus et tram (passé de 1.20€ à 1,35€ en quelques mois) ? Ont-ils rencontré d’anciens ou d’actuels détracteurs du tram pour connaître l’évolution de leur jugement?

Ou se sont-ils contentés de faire un tour de tram gratuit en écoutant les louanges tressés par un conseiller municipal local de la même couleur politique que le maire d’Amiens?

Reconnaissons à Amiens Forum le mérite d’avoir lancé des chiffres: « Trois ans de travaux pour un montant de 290 millions d’euros ont été nécessaires afin de concrétiser ce titanesque projet« . Etonnement, le site municipal dédié au tramway manceau parle d’un montant total de 302 millions. Le cap psychologique des 300 millions aura sans doute effrayé… En outre, si les travaux ont bien pris trois années, la réalisation du projet a nécessité … huit ans!!

On comprend dès lors l’urgence de la situation pour Gilles Demailly : si  municipalité veut pouvoir inaugurer le tram à la veille des municipales de 2020 (la mairie du Mans a inauguré le sien trois mois avant les municipales 2008), il est impératif que les études soient lancées d’ici un an. Gouverner, c’est en effet prévoir…

Bon été à tous, on se retrouve début septembre!

Pour en savoir plus, outre le site du tramway du Mans cité plus haut, je vous invite à découvrir un article de l’Express sur la ville, ainsi que la page Wikipédia sur le tram du Mans. On nous donne l’occasion de comparer, alors faisons-le!

« Changer Amiens » se met au rythme municipal (pour l’été…)

Comme vous avez pu le constater, après une année bien remplie, Changer Amiens a pris ses quartiers d’été depuis le début de ce mois. Non pour se mettre au diapason d’une équipe municipale habituée à ses deux mois et demi de vacances puisque la ville, déjà assoupie le reste de l’année, sombre désormais dans le coma en été. Plutôt pour préparer la suite…

L’activité municipale laisse peu de place à la critique, puisqu’elle est inexistante. Même Amiens Forum fait profil bas et ne nous livre pas de carte gag pour l’été. A ce propos, je ne résiste pas à l’envie de publier à nouveau l’oeuvre que la rédaction du mensuel officiel nous a livré à l’automne dans son n°5 (ci-contre). Les précisions géographiques, d’un niveau rarement atteint en CP, avaient réjoui mon auditoire, alors restreint. Pourquoi ne pas les faire partager à tous cette année?

Jeu de l’été: replacez correctement la Somme, le Pas-de-Calais et Fort-Mahon et gagnez un abonnement au mensuel de tous les Amiénois…

Allez, je vous reparle bientôt du projet de tram avant de vous laisser en paix pour le reste de l’été…

A leur tour, Joron et Thuilliez ajustent la mire sur un maire d’Amiens dépassé

Gilles Demlailly en Conseil municipalOn ne pourra plus dire que ce sont des fantasmes ou des mensonges de l’opposition ; on ne pourra plus prétendre que la majorité municipale veille au bien-être des Amiénois dans une « unité » et une « solidarité » inébranlables…

Ce qui se joue ces jours-ci ressemble à l’implosion de l’équipe de France en Afrique du Sud. Chaque jour apporte son lot de rebondissements et enfonce un peu plus la majorité issue des élections de mars 2008 dans le ridicule. Si un classement des villes de France les plus risibles était établi, nul doute en effet que notre pauvre cité y trônerait. Cette incidence pour l’image d’Amiens est bien ce qui doit nous préoccuper le plus.

Gilles Demailly, enfermé dans une stratégie d’immobilisme dont il déposera sans doute bientôt les droits, a fini de consommer son reste de crédibilité en gérant de manière invraisemblable le conflit des bus. Pilier de la communication municipale depuis des mois, voilà les transports en commun férocement décriés par les Amiénois. En décidant de ne faire pression sur personne, en ne proposant aucune voie de sortie de crise, le maire et son équipe ont officialisé leur inefficacité. Pire, la municipalité se vante qu’un accord soit intervenu après la nomination par le maire d’un médiateur … trois semaines après le début de la grève!!

Les conflits internes à la majorité viennent ensuite d’atteindre leur paroxysme. Les différentes sensibilités de la gauche amiénoises règlent leurs comptes par médias interposés. Il y avait déjà ces trois élus gremetziens, menés par le volubile Cedric Maisse (son blog ici), qui se sont institués en opposants de gauche à Gilles Demailly. Il y avait aussi ces élus verts, pas avares de critiques quant à la politique des transports de la mairie. Nous n’oublierons pas la claire volonté d’émancipation des communistes, ni les rêves de pouvoir d’un conseiller municipal amer.

Voilà maintenant les revanchards.

Romain Joron, socialiste amerRomain Joron, battu par Brigitte Fouré lors de la cantonale partielle d’Amiens Sud-Est, a choisi de mettre sa défaite sur le compte de la « politique pas assez à gauche du maire d’Amiens » et dénonce dans une lettre ouverte la « communication désastreuse et calamiteuse » sur le conflit social dans les bus. Parlant de la politique de la mairie, il  dénonce un « copié/collé avec les politiques d’avant« . Bref, l’ex-candidat socialiste choisit d’entonner le refrain « c’est pas ma faute, c’est la leur » et met au jour les profondes tensions qui animent le PS local (article du Courrier Picard ici).

Sarah Thuilliez, placardisée par DemaillySarah Thuilliez, battue elle aussi mais lors des législatives 2007 par Olivier Jardé, se confie à la presse régionale (Courrier Picard ici) sur le conflit qui l’oppose à la mairie et qui la conduira bientôt au tribunal. La raison? Une procédure pour affichage sauvage initiée en 2007 par l’ancienne municipalité et poursuivie par la nouvelle… Rappelons que Sarah Thuilliez, deuxième sur la liste de Gilles Demailly lors des municipales, avait été brutalement écartée et mise au placard dès novembre 2008. Communiqué de la mairie: « Gilles Demailly précise qu’il n’a aucun différend politique en ce domaine avec l’intéressée, mais profite de l’occasion pour réaffirmer sa volonté de garder la ville propre. » Nous retiendrons le « en ce domaine » et nous réjouirons de la résolution du maire…

Tout va très bien sous le toit de l’Hôtel de Ville. Le toit, en revanche, commence à s’effondrer.



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