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Archives pour septembre 2010

Réderie d’Amiens : la mairie brade son reste de crédibilité

C’est bien connu: Amiens est désormais un havre de démocratie, exfiltrée avec courage de l’obscurantisme autocratique par une municipalité bienfaitrice. Le maire et son équipe tendent quotidiennement l’oreille aux souhaits de leurs administrés et gèrent, avec eux, une ville dont le mot « concertons » est devenu la nouvelle devise

Ce beau petit scénario a souffert, une nouvelle fois.

Réderie d'Amiens : la mairie brade son reste de crédibilité dans Democratie locale 12690762Le 28 juin dernier, la mairie décide d’attribuer à la Fédération des commerçants du centre-ville l’occupation du domaine public le 3 octobre. Autrement dit, l’organisation de la réderie d’automne. Seulement voilà : cette manifestation d’ampleur a été créée et assurée avec succès depuis 50 ans par l’Association des commerçants du quartier des Halles (ACQH), et cette dernière n’entend pas se laisser dessaisir aussi facilement d’une telle source de revenus. Direction donc le tribunal administratif qui, le 7 septembre dernier, donne raison à l’ACQH en ces termes :  « la décision de la mairie d’Amiens n’a pas été prise dans le but d’une meilleure utilisation du domaine public mais en vue de favoriser la Fédération des Commerçants du centre-ville, ce qui constitue un doute sérieux quant à la légalité de ladite décision. » Du favoritisme, à l’heure de la raison au pouvoir… La Municipalité, humiliée, a donc été contrainte de rétrocéder les droits d’occupation à l’ACQH, qui n’en conservera pas moins une aigreur extrême à son égard, pour assurer la tenue de la manifestation. Le discours officiel de la mairie, qui consistait à opposer l’attitude des méchants commerçants égoïstes des Halles à celle des gentils représentants du bien-être commun, s’est par la suite fait plus discret.

Si la mairie évoque à l’envi les termes de « concertation » ou de « démocratie locale », elle n’en donne opportunément aucune définition. Or, il est toujours plus aisé de débattre au sein d’une assemblée dont on a choisi les membres. Un commerçant de la galerie des Jaccobins explique ainsi son rapprochement avec la Fédération : « je n’étais pas au départ un fanatique de la fédération, mais c’est, de toute façon, la condition sine qua non pour dialoguer avec la Ville qui souhaitait un seul interlocuteur » (Courrier Picard, 4 septembre, l’article ici). La mairie a donc tracé une ligne pour tenter de délimiter ses soutiens et courtisans de ses détracteurs. Conséquence : des tensions de plus en plus vives entre commerçants se font jour, l’épisode de la réderie en étant la plus parfaite illustration.

La fédération des commerçants est née de la propre volonté de la Municipalité, après son accession au pouvoir. Fondée en février 2009, elle est dirigée par Stéphane Conty. Ce dernier avait volé au secours de l’Hôtel de Ville en février dernier, au moment critique de la confrontation entre commerçants et mairie au sujet de la fermeture de la place René Goblet: « contre la polémique et pour le dialogue » répétait-il alors. La polémique, depuis, a fait son nid… A tel point que Stéphane Conty, justement, n’a pas ménagé l’ACQH durant tout le conflit, en l’épinglant notamment sur sa comptabilité, selon le Courrier picard du 10 septembre (l’article ici). Une proximité de vue entre le président de la Féderation et la mairie qui n’a peut-être rien d’un hasard…

Alors que la Ville ne voulait plus voir qu’une seule tête (de préférence celle d’un ami) , la situation n’a jamais été aussi explosive chez les commerçants du centre-ville. Les appels à manifester succèdent aux actions coup de poing provoqués par les décisions municipales.

Même l’innocente et cinquantenaire réderie n’est plus à l’abri des faux pas de l’équipe Demailly, qui devra apprendre un nouveau mot : di-plo-ma-tie.

Gilles Demailly fait sa rentrée, sa politique mérite la sortie

Gilles Demailly déjà dans le décor!La meilleure défense, c’est l’attaque! Alors que la barque municipale prend l’eau de toutes parts, le maire passe à l’offensive! C’est du moins ce qu’il a tenté de faire croire à l’occasion de sa conférence de presse de rentrée, laquelle s’est déroulée la même semaine que la rentrée universitaire (les vieux réflexes, sans doute…). Morceaux choisis dans le Courrier Picard du 16 septembre (l’article ici).

Gilles Demailly n’a plus peur des déclarations choc. La preuve: « Le contexte général va [le] contraindre « à faire des choix«  ». Voilà donc une information d’importance, la Municipalité s’étant habituée à éluder les problèmes.

Après la surprise, le maire incarne la satisfaction, ou plutôt l’autosatisfaction: « Gilles Demailly se félicite « qu’un certain nombre de dossiers aient avancé«  » depuis mars 2008. Serait-ce à l’inverse une autocritique ? La Municipalité fait donc avancer des dossiers et c’est déjà ça : certains pensent qu’ils reculent!

Quel dossier en particulier fait-elle donc avancer? « Désormais, en ville, priorité a été donnée au bus, alors qu’avant c’était à la voiture« , analyse un maire bien péremptoire. Un maire non dénué d’humour lorsqu’il ajoute: « on n’a pas perdu de temps« . Juste deux ans. Pour quel projet d’ailleurs? « C’est une vraie satisfaction d’avoir remis les bus en centre-ville, quoiqu’en disent certains. » Deux ans, donc. « Et on va continuer. » Les faire revenir Place Gambetta ?

Le tram, dans tout ça? « Le choix doit être fait avant fin 2011. » 2011, pourquoi donc ? Pour donner le premier coup de pioche en … 2014! Lancer une campagne municipale sur la promesse du tram sans avoir à souffrir des mécontentements dus aux travaux et à la hausse des impôts, voilà cette fameuse preuve du « courage politique » dont se gargarise le maire…

Enfin, et puisqu’il s’en est fait une spécialité, Gilles Demailly s’est défoulé sur l’équipe Robien : « Gilles Demailly, qui dit découvrir les détails de certains dossiers auxquels il n’avait pas accès quand il était dans l’opposition, n’hésite pas alors à parler de « gouffres financiers »« . Nous rappellerons, une nouvelle fois, les mots de Jacques Lessard, adjoint aux Finances, lors de la prise de fonction de la gauche: « des finances dans un état remarquable« . Par ailleurs, et Gilles Demailly doit en prendre conscience, la Municipalité approche la mi-mandat! Elle a disposé de suffisamment de temps pour éplucher les dossiers et les réalisations de l’ère Robien! Trop occupé à fantasmer le passé, le maire en oublie sans doute qu’il a une ville à gérer…

A écouter Gilles Demailly, la ville est financièrement aux abois à cause de Gilles de Robien et du Gouvernement. Il n’en songe pas moins au tramway (300 millions d’euros). Une dernière contradiction pour un maire écrasé par sa charge, oppressé par les divisions internes à son équipe, humilié par « l’affaire de la réderie » dont nous reparlerons, décrédibilisé par les multiples mouvements de grèves et les manifestations qui ont émaillé la vie amiénoise ces derniers mois, apeuré par la récente occupation de son bureau par la CGT.

Un maire qui refuse enfin de parler de 2014: « ce n’est pas le débat« . Pour de trop nombreux Amiénois, c’est le principal, justement.

Bal, réderie, communistes et transports : l’été agité de la Municipalité d’Amiens

L’été a été beau, l’été a été (presque) chaud dans la belle ville d’Amiens. Depuis quelques jours, l‘Amiénois a retrouvé le chemin du travail. Il garde en mémoire le souvenir d’une période estivale reposante, peut-être enrichissante, sans doute bienvenue. Devant son bol de café matinal, il s’intéresse de nouveau à l’actualité régionale et plus particulièrement à celle de sa ville. Impossible d’être déçu…

Enivré par les venues successives de Yvette Horner et Franky Vincent lors des bals du 14 juillet 2009 et 2010, l’adjoint à la fête, Jacques Goffinon, a trouvé dans le calendrier d’autres prétextes pour festoyer dans la cour de l’Hôtel de Ville. Ainsi est né le bal du 28 août, censé célébrer la Libération d’Amiens. Voilà donc à l’œuvre la nouvelle conception de l’excellence culturelle. Le concept ne sera peut-être pas décliné à l’infini, étant donné le succès très relatif du concert en plein air des Dolly frenchies. Quelques aimables passants ont eu la bonne idée de s’arrêter, mais la piste de danse est restée bien clairsemée…

Les communistes contestataires emmenés par Cedric Maisse continuent d’en faire voir de toutes les couleurs à Gilles Demailly (surtout du rouge, donc). Les représailles ont été terribles : le maire a décidé fin août de les bouter hors de la Baie de Somme, où se tenait le séminaire annuel de la Municipalité. Les trois conseillers, hurlant à l’étroitesse d’esprit, sont d’ailleurs en délicatesse avec les autres élus communistes du Conseil et nous promettent de belles preuves de division dans les mois à venir. Si la Municipalité semble, depuis mars 2008, ne pas trop savoir où aller, nous savons de moins en moins avec qui…

Réderie d'AmiensL’efficacité des médiations de la Municipalité n’est plus à démontrer. A tel point qu’à moins d’un mois de l’événement, nous ne savons pas si la réderie du 3 octobre pourra avoir lieu. Depuis 50 ans, c’est l’association des commerçants du quartier des Halles (ACQH) qui organise jalousement mais efficacement cette manifestation. Voilà que la Municipalité décide d’en confier les rênes à la Fédération des commerçants du Centre-ville! Impuissante face aux procédures judiciaires en cours qui conditionnent la tenue de la réderie, elle en est réduite au silence : « Si la Ville d’Amiens, par le biais de son service de presse, indique poursuivre le dialogue avec les deux parties (…), elle ne souhaite en revanche plus communiquer à ce sujet » (Courrier Picard, 04/09). Circulez, y a rien à voir… Et patatras, le tribunal administratif communique à sa place en estimant « que la Ville souhaitait simplement favoriser la fédération des commerçants en lui laissant l’organisation de la réderie d’octobre et qu’il y avait donc un doute sérieux quant à la légalité de la décision » (dépêche du Courrier Picard, 07/09)! Encore une réussite…

L’été n’est pas fini et laisse planer d’autres nuages sur le repos tant mérité des élus de la majorité : le fiasco de la réorganisation du réseau de bus, érigé pourtant en priorité des priorités et qui ferait sourire s’il ne fallait en pleurer ; les échanges épistolaires entre Gilles Demailly et le Préfet, qui a été heurté par les attaques injustifiées de la Municipalité contre l’Etat sur le logement social ; ou encore l’initiative de Benoît Mercuzot, Alain Gest et Olivier Jardé, qui sont allés rencontrer le PDG de la SNCF pour que les intérêts d’Amiens soient réellement pris en compte. Sans doute plus utile qu’une visite au Mans. De quoi provoquer des maux de tête chez le maire.

Il y a un an, Gilles Demailly annonçait qu’il ne démissionnerait pas, contrairement à la rumeur provoquée par son inaction. A six mois de la mi-mandat, il doit toujours nous prouver qu’il y a un capitaine à la barre…

Bonne rentrée!



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