Comment la Mairie d’Amiens s’en prend au Courrier Picard

Jacques Goffinon, adjoint à la fêteIl y a quelques mois, le journaliste du Courrier Picard Jacques Goffinon, par ailleurs adjoint à la fête à la mairie d’Amiens, portait une accusation grotesque en Conseil municipal : le JDA aurait été créé par l’équipe Robien pour faire concurrence au quotidien régional. Conséquence inattendue d’une schizophrénie assumée, cette sortie a fait sursauter les membres de la majorité municipale.

S’il traverse aujourd’hui des difficultés, le Courrier Picard n’en est pas moins ancré – le quotidien rémois L’Union en a récemment fait les frais. L’idée qu’un bulletin municipal hebdomadaire et gratuit puisse lui faire concurrence semble pour le moins loufoque. Que cette idée ait été exprimée par Jacques Goffinon nous permet cependant de tirer un certain nombre de conclusions.

En prêtant à Gilles de Robien l’idée d’avoir souhaité contrecarrer le monopole médiatique du Courrier sur Amiens, Jacques Goffinon a sous-entendu l’existence d’une opposition entre l’Hôtel de Ville et la rue Alphonse Paillat. Une opposition à laquelle il a pris sa part, en tant que journaliste et conseiller municipal. Cette opposition aurait atteint un tel niveau que la mairie – selon M. Goffinon – aurait ressenti le besoin de créer un contrepoids à la ligne éditoriale du Courrier. Les nombreuses accusations de connivence entre les pouvoirs politique et médiatique amiénois sous l’ère Robien sont donc victimes des déclarations de Jacques Goffinon. Ce dernier révèle au passage son attachement au monopole médiatique, dénoncé de nos jours par ses amis politiques.

Pourquoi évoquer tout cela aujourd’hui, plusieurs mois après ces déclarations étonnantes ?

Cliquez pour consulterDans son numéro 573 du 29 septembre dernier, page 2, le JDA s’en prend de manière abrupte au Courrier (cliquez sur la photo ci-contre pour lire l’article). Les auteurs de la Pravda amiénoise s’en prennent à leurs « confrères » du Courrier Picard au sujet d’un préavis de grève chez les éboueurs de la ville : « le quotidien citait la première demande « particulière » de ces agents : « La visite de monsieur le président d’Amiens Métropole dans les services, comme le faisait son prédécesseur« . Laissant croire au lecteur que Gilles Demailly ignore ces personnels« . Un sous-entendu malencontreux que le JDA ne pouvait laisser passer…

Le mot « confrère » induit que les auteurs du JDA, dont les articles sont commandés, voire dictés, par l’Hôtel de ville, s’estiment journalistes au même titre que les rédacteurs du Courrier. Un bulletin municipal ne constitue pourtant que l’émanation du discours de la mairie qui le diffuse, ce qui peut comporter un intérêt informatif, mais en aucun cas revêtir un caractère journalistique. Le JDA s’attaque ensuite au Courrier en visant les déclarations des éboueurs ; aucunement l’interprétation qui en a été faite! En clair, le JDA – bulletin municipal distribué aux frais du contribuable – établit sa vérité face à un quotidien régional payant qui remplit une mission d’information et non de propagande. Le titre de cet encart a été choisi dans cet esprit, avec en prime une pointe d’ironie : « La preuve par deux« .

Le Courrier Picard est fréquemment critique à l’égard de la Municipalité actuelle, comme il l’a été avec la précédente. Il a simplement davantage de grain à moudre aujourd’hui…

Gilles Demailly et les journalistes du JDA se prennent donc à rêver : pourquoi ne pas concurrencer le méchant quotidien avec le bulletin municipal hebdomadaire et son pendant mensuel, le splendide Amiensforum ? Jacques Goffinon finira peut-être par avoir raison…

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