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Archives pour novembre 2011

Parachutage tragique à Amiens: une victime à Abbeville

Parachutage tragique à Amiens: une victime à Abbeville dans La majorite image_40755109Mea culpa. Il y a quelques mois, j’avais affirmé que le maire d’Abbeville, Nicolas Dumont, deviendrait à coup sûr député de la 1ère circonscription de la Somme dès le mois de juin. C’était sans compter sur l’éternelle propension du PS à se livrer à des manoeuvres politiciennes dignes de la IVème République.

Le jeune élu abbevillois l’a appris à ses dépens. En effet, bien qu’il ait soutenu lors des primaires PS Martine Aubry, adversaire déclarée du cumul des mandats, il se voyait lui-même très bien député-maire dans quelques mois. Il aura déchanté en apprenant le souhait du PS de parachuter Christophe Borgel, apparatchik parisien dont nous détaillerons bientôt les mérites, sur cette circonscription clairement marquée à gauche.

L’ascension éclair du socialiste en vogue dans le département risque ainsi d’être brutalement stoppée par son propre parti. Au PS, quelques cadres aigris n’auraient pas appréciés d’être placés dans l’ombre du jeune homme et auraient fait le nécessaire pour retrouver la lumière. L’élection de Borgel, 49 ans seulement, interdirait pour longtemps l’accès du Palais Bourbon au trentenaire Dumont, qui s’y voyait déjà.

La place Max Lejeune étant bien trop étroite pour ses ambitions, le jeune maire pourrait-il partir en dissidence? A l’évidence, sa relative notoriété en dehors d’Abbeville et la physionomie de la circonscription, qui comprend le Nord d’Amiens, rendent aléatoires ses chances d’élection face à un candidat étiqueté PS et à un PCF qui tentera de conserver cette terre. Une défaite, assortie d’une immanquable exclusion du PS, briderait pour longtemps ses ambitions nationales. Une victoire ne manquerait à l’inverse pas de panache. Elle lui apporterait une forte autorité sur le territoire et marquerait une entrée en fanfare de l’élu sur la scène parlementaire.

Apparemment légitismiste, Nicolas Dumont pourrait finalement renoncer, non sans négocier quelque avantage ou perspective politique. Les manoeuvres de la rue de Solférino, relayées par le Courrier Picard, laissent à penser que le parachutage de Christophe Borgel est bel et bien sur les rails. L’accepter ne signifie pas l’approuver. Il n’est donc pas à exclure que le maire d’Abbeville mise sur l’élection d’un député PCF face au candidat de son parti. A cet égard, si cette configuration se confirme, les résultats électoraux d’Abbeville seront à examiner de près.

A moins que Nicolas Dumont ne parvienne à faire peur à Christophe Borgel, classé à la droite du PS, par le moyen de manoeuvres politiques dont seuls les socialistes ont le secret. Pas évident pourtant de renvoyer le cadre PS à Paris : le député de la 1ère circonscription serait aussi l’un des deux d’Amiens. Une situation idéale pour récupérer, dans la foulée, l’écharpe de maire de la ville…

Le leurre du TGV à Amiens ou comment passer à côté de la grande vitesse

Le leurre du TGV à Amiens ou comment passer à côté de la grande vitesse dans Transport demander_remboursement_billets_sncf_tgvLa municipalité est-elle consciente que l’avenir d’Amiens se joue maintenant ? Je vous le disais déjà il y a plusieurs mois: en raison d’un engagement politique insuffisant de leurs représentants, les Amiénois risquent d’être privés pour longtemps de la grande vitesse, instrument essentiel de la métropole de demain.

Le maire se refuse à utiliser le PS pour faire avancer les dossiers de la ville, mais en a-t-il les moyens ? De même a-t-il renoncé à toute tractation lors de l’examen du Grenelle de l’environnement par opposition de principe (c’est la méchante droite qui a fait adopter le texte). Autant de réticences que n’ont pas eu les élus normands qui, d’une seule voix, revendiquent désormais une liaison grande vitesse vers Londres et Paris. Quand les députés de la Somme ont, à l’arraché, obtenu que la ligne Paris-Amiens-Calais soit inscrite au schéma national des infrastructures des transports (SNIT) à l’automne 2008, le maire ne jurait déjà plus que par le barreau Creil-Roissy. Joli symbole de l’ambition plus que mesurée de la municipalité pour sa ville et véritable erreur stratégique qui aura fait des heureux du côté de Rouen.

Car la « ville aux cent clochers » est déjà assurée d’être reliée à la grande vitesse d’ici à 2020. La liaison souhaitée entre Paris et Le Havre sera probablement une réalité bien avant qu’un premier coup de pioche soit donné entre Creil et Roissy afin d’amener le TGV (et non la grande vitesse) aux Amiénois.

Nous en avons déjà parlé ici, l’ambition normande va désormais jusqu’à vouloir faire de Rouen une »ville centre », desservie par deux lignes à grande vitesse (LGV). Hormis Paris, il n’y a guère que Lille et bientôt Marseille pour se prévaloir des mêmes atouts. En effet, le SNIT tel qu’il se présente aujourd’hui envisage la création d’une ligne Rouen-Calais ou d’une ligne Paris-Amiens-Calais. Le nuance est dans le « ou », qui inscrit Amiens et Rouen dans une logique de concurrence, voire d’affrontement. Si Amiens venait à perdre ce combat comme elle a perdu celui des années 1980, son statut de capitale picarde ne pèserait plus bien lourd face à l’attractivité de Lille, Reims, Rouen (Abbeville?), ces villes qui seront ou sont déjà liées à l’Europe par des LGV.

« « Amiens ville TGV » est un slogan de choix pour attirer les entreprises de pointe, qui ont besoin d’une telle desserte, et les emplois supérieurs« , proclamait fièrement Gilles Demailly dans sa contribution au débat public sur le barreau (la contribution ici). Ce slogan n’est qu’un leurre: l’apport du TGV ne sera en rien comparable à celui d’une LGV… Et c’est bien sur le terrain de la LGV que se situe le débat, non sur celui bien arrangeant pour les Rouennais du TGV.

Car Rouen n’a pas manqué de noter l’attentisme des Amiénois sur le dossier et compte bien en tirer profit. Gilles Demailly croit sans doute que l’étiquette socialiste de la députée-maire normande ne lui garantit que du bien. Cette dernière a pourtant regroupé autour du projet tout ce que la Normandie compte d’élus et ne s’est pas préoccupée pour cela de leurs couleurs politiques. Les plus influents (notamment Antoine Rufenacht, le maire UMP du Havre et Laurent Fabius, député PS de Seine-Maritime) assiègent les cabinets ministériels et mobilisent les Normands.

Pendant ce temps, Amiens réclame son lot de consolation (le barreau) en oubliant de mener la bataille qui décidera si, oui ou non, elle est la ville de demain dont nous rêvons tous. L’heure est donc à la mobilisation et nous pouvons légitimement douter de la détermination de la municipalité à mener ce combat.



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