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Archives pour février 2013

Ce qui devait changer pour nous le 6 mai : Gilles Demailly visionnaire dans Amiens Forum

Ce qui devait changer pour nous le 6 mai : Gilles Demailly visionnaire dans Amiens Forum dans Amiens Forum edito-212x300Au lendemain de l’élection présidentielle, le maire nous a gratifié d’un éditorial à l’enthousiasme débordant dans Amiens Forum qu’il est particulièrement cocasse de redécouvrir aujourd’hui.

Comme le jour avait succédé à la nuit en mars 2008, la générosité et le bon sens semblaient avoir triomphé du diktat et de l’injustice en mai 2012. Gilles Demailly, qui a déjà démontré ses qualités de visionnaire, ne doutait alors pas de l’avenir. Nous pouvons aujourd’hui affirmer qu’il aurait dû.

Extrait : « François Hollande a annoncé la garantie du niveau de dotation de l’Etat pendant les cinq ans à venir ». Quoi de plus normal que le nouveau président socialiste qui a, comme lui, entonné la rengaine du désengagement de l’Etat depuis 2008 tienne cette promesse ? Sauf qu’il s’est produit tout le contraire, le Gouvernement annonçant il y a quelques jours une baisse de 4.5 milliards de ces mêmes dotations d’ici à 2015. « Un recul historique des dotations risquant de conduire à une réduction des investissements locaux porteurs d’emplois » pour l’Association des maires des grandes villes de France (AMGVF), au moment où viennent s’ajouter aux charges des communes la réforme des rythmes scolaires et la hausse des taux de TVA décidées par François Hollande. Rappelons que Gilles Demailly est membre de l’AMGVF…

L’euphorie de la victoire présidentielle laissait pourtant entrevoir des lendemains socialistes qui chantent ! Gilles Demailly : « Très rapidement, parce que cela fait partie de ses dossiers urgents, le Président prévoit d’établir un pacte de confiance avec les collectivités, à travers un nouvel acte de décentralisation ». Dans le vocabulaire socialiste, « dossier urgent » n’est que trop souvent l’abréviation de l’expression «  dossier pas très urgent  ». La preuve : à Amiens, le logement et les transports constituaient des dossiers urgents au début du mandat de Gilles Demailly… Le fameux pacte de confiance n’a bien entendu été rédigé que dans les discours de campagne du candidat Hollande.

Quant au nouvel acte de décentralisation, un texte a été présenté à l’Association des maires de France (AMF), qui y a vu « un recul manifeste des libertés locales » et « une vision technocratique, hiérarchisée et verticale de l’action publique qui laisse peu de place à la subsidiarité et ne tient pas compte de la réalité ou de la  diversité des territoires ». Sans doute pas ce qu’imaginait le maire d’Amiens, quand il affirmait que l’élection de François Hollande offrait « de nouvelles perspectives aux collectivités locales » et que le nouveau Chef de l’Etat entendait « reconsidérer [leur] rôle dans le paysage français ».

L’enthousiasme du maire socialiste à l’écoute des discours du candidat Hollande a laissé place à un grand silence du côté de la mairie d’Amiens. C’est vrai qu’on voit mal la municipalité socialiste dénoncer une politique plus dure à l’égard des collectivités que sous l’ère Sarkozy. Même si c’est la vérité…

Goodyear et la mairie d’Amiens : le choix de l’impuissance

Goodyear et la mairie d'Amiens : le choix de l'impuissance dans Economie 3684006712_debc6b60811-300x200Gilles Demailly n’a jamais varié dans ses déclarations, reconnaissons-le. Depuis son accession aux responsabilités, le maire d’Amiens a régulièrement tancé la direction de Goodyear. On l’a entendu saluer les victoires judiciaires de la CGT ou déclarer que la direction de l’entreprise était incapable de régler le problème. On a vu cette banderole, déployée en 2010 sur le fronton de l’Hôtel de Ville : « Les Amiénois solidaires des salariés de Goodyear ». Tout récemment encore, Gilles Demailly pointait la « responsabilité très claire de l’industriel dans cette décision » (sic), façon pour lui de faire les gros yeux.

Il est bien légitime que les Amiénois et leurs élus se préoccupent de l’avenir de l’un des sites industriels majeurs de leur ville. Il est pleinement compréhensible que de l’inquiétude quant à l’avenir des salariés et des sous-traitants s’exprime. La situation sociale d’Amiens, déjà alarmante, risque en effet l’explosion, sous les coups de boutoir que nous subissons depuis le déclenchement de la crise de 2008.

Il est donc parfaitement normal que le premier magistrat d’une ville dans cette situation s’investisse pour parvenir à trouver une solution ou, à défaut, pour amortir le choc.

En revanche, une hostilité permanence à l’égard d’un employeur de cette importance est-elle opportune, fût-elle sur le fond légitime ? Quels que puissent être la moralité et le bien-fondé de la fermeture du site d’Amiens, c’est bien le seul groupe américain Goodyear qui est décisionnaire dans cette affaire. Le pointer du doigt aux côtés de la CGT n’est pas la meilleure manière de lui faire sentir qu’Amiens est une ville où il fait bon investir ou faire des affaires. Plus préoccupant, après le spectacle donné et au regard de cette attitude, quelle entreprise s’enthousiasmera à l’idée d’investir dans notre ville ?

Le Télescope l’a bien rappelé, il est plus que difficile pour des collectivités locales d’avoir une influence sur les décisions de groupes internationaux tels que Goodyear. Il serait toutefois incompréhensible qu’un maire confronté à une situation comparable ne dise rien en expliquant qu’il est impuissant, même si c’est malheureusement la vérité. Doit-il pour autant pousser le zèle jusqu’à faire le procès public de l’entreprise concernée ? S’il ne pourra à lui seul justifier une décision d’investissement ou de simple maintien, un dialogue plus constructif fera peut-être, un jour, pencher la balance dans le bon sens. A défaut, une telle attitude rassurera les futurs investisseurs potentiels.

Quand les bus amiénois arrêtent de circuler dix jours durant, Gilles Demailly évoque dans la presse son inaction, en expliquant sans rire qu’il n’est pas concerné et se contente d’une place de spectateur. Quand Goodyear ferme, il passe au rôle de commentateur en faisant croire, avec sa famille politique, qu’il peut faire quelque chose.

Le doigt levé d’indignation, l’œil sévère, la mâchoire serrée, le maire condamne vainement une multinationale pour les dirigeants de laquelle Amiens est ce nom de code étrange, écrit en rouge en haut d’un paperboard, dans l’un des innombrables bureaux d’un immeuble de l’Ohio. Pendant ce temps, le nouveau réseau de bus oublie de desservir la Zone industrielle Nord le weekend. Drôle de symbole…



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