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Tramway à Amiens: la Municipalité poursuit l’opération séduction au Mans

Il ne se passe plus un mois sans qu’un article ou un discours ne fasse référence au tramway, je l’ai déjà dit. Le sort en est-il jeté? Il y a un an, Gilles Demailly expliquait devant un expert venu de Montpellier que, sous Gilles de Robien, “les études étaient biaisées”, ne laissant aucune chance au tram à Amiens. Voilà aujourd’hui que le maire entame le chemin strictement inverse…

Amiens Forum se penche sur le tram du MansIl y a quelques semaines, des représentants des conseils d’habitants se sont rendus au Mans pour découvrir ce qu’est un tram dans une ville comparable. Relatée par Amiens Forum sous le titre « Les conseils d’habitants transportés par le tramway« , cette visite a permis à 16 Amiénois de « découvrir ce transport qui séduit de plus en plus de villes« . Certes, un tramway dans un centre-ville, c’est joli et moderne, chacun en conviendra. Si l’objectif était de montrer un tramway à quelques habitants, se déplacer jusqu’au Mans n’était pas indispensable puisqu’il en existe à Valenciennes et Paris.

Pas indispensable, mais la Mairie souhaitait argumenter sur le fait que l’agglomération du Mans est comparable à celle d’Amiens et que, pourtant, l’une a le tram et pas l’autre.

Les deux villes sont en effet du même acabit en termes d’habitants et de densité. Une exception tout de même: la densité métropolitaine mancelle est deux fois supérieure à celle d’Amiens. Par ailleurs, Le Mans, qui est la plus petite agglomération française à avoir construit un tramway, figure au 33ème rang national, Amiens se contentant de la 41ème place.

La préfecture de la Sarthe dispose en outre de plusieurs atouts d’ampleur, au premier rang desquels figure le TGV. La ville bénéficie en effet d’une connexion directe au réseau et non d’un vague barreau de consolation. Le Mans est donc à moins d’une heure de Paris, potentiellement à quatre de Londres, et attire de nombreux cadres de la capitale… Chaque année, la ville vibre au rythme de la course mondialement connue des 24 heures, qui exige une organisation exemplaire des transports. Le Mans accueille enfin une équipe de football qui vient de passer cinq saisons consécutives en L1… Bref, tout n’est pas comparable entre nos deux villes.

Alors oui, un tramway en ville bouleverse le rapport au transport en commun, c’est certain. Toutefois, si Amiens doit tendre vers une telle réalisation, il nous faut nous poser les bonnes questions et pas simplement nous émerveiller, comme semblent l’avoir fait, selon Amiens Forum, nos conseillers habitants en vadrouille.

Ces 16 Amiénois ont-ils abordé les questions qui fâchent, notamment l’incidence économique pour les commerçants durant les travaux? Ont-ils été informés du nombre de commerces qui ont dû mettre la clé sous la porte suite à l’exil des chalands? Ont-ils été instruits du niveau de la fiscalité locale avant et après la réalisation du projet? Ont-ils été sensibilisés à l’évolution du prix du ticket d’accès aux bus et tram (passé de 1.20€ à 1,35€ en quelques mois) ? Ont-ils rencontré d’anciens ou d’actuels détracteurs du tram pour connaître l’évolution de leur jugement?

Ou se sont-ils contentés de faire un tour de tram gratuit en écoutant les louanges tressés par un conseiller municipal local de la même couleur politique que le maire d’Amiens?

Reconnaissons à Amiens Forum le mérite d’avoir lancé des chiffres: « Trois ans de travaux pour un montant de 290 millions d’euros ont été nécessaires afin de concrétiser ce titanesque projet« . Etonnement, le site municipal dédié au tramway manceau parle d’un montant total de 302 millions. Le cap psychologique des 300 millions aura sans doute effrayé… En outre, si les travaux ont bien pris trois années, la réalisation du projet a nécessité … huit ans!!

On comprend dès lors l’urgence de la situation pour Gilles Demailly : si  municipalité veut pouvoir inaugurer le tram à la veille des municipales de 2020 (la mairie du Mans a inauguré le sien trois mois avant les municipales 2008), il est impératif que les études soient lancées d’ici un an. Gouverner, c’est en effet prévoir…

Bon été à tous, on se retrouve début septembre!

Pour en savoir plus, outre le site du tramway du Mans cité plus haut, je vous invite à découvrir un article de l’Express sur la ville, ainsi que la page Wikipédia sur le tram du Mans. On nous donne l’occasion de comparer, alors faisons-le!

« Changer Amiens » se met au rythme municipal (pour l’été…)

Comme vous avez pu le constater, après une année bien remplie, Changer Amiens a pris ses quartiers d’été depuis le début de ce mois. Non pour se mettre au diapason d’une équipe municipale habituée à ses deux mois et demi de vacances puisque la ville, déjà assoupie le reste de l’année, sombre désormais dans le coma en été. Plutôt pour préparer la suite…

L’activité municipale laisse peu de place à la critique, puisqu’elle est inexistante. Même Amiens Forum fait profil bas et ne nous livre pas de carte gag pour l’été. A ce propos, je ne résiste pas à l’envie de publier à nouveau l’oeuvre que la rédaction du mensuel officiel nous a livré à l’automne dans son n°5 (ci-contre). Les précisions géographiques, d’un niveau rarement atteint en CP, avaient réjoui mon auditoire, alors restreint. Pourquoi ne pas les faire partager à tous cette année?

Jeu de l’été: replacez correctement la Somme, le Pas-de-Calais et Fort-Mahon et gagnez un abonnement au mensuel de tous les Amiénois…

Allez, je vous reparle bientôt du projet de tram avant de vous laisser en paix pour le reste de l’été…

L’Amiens SC à l’image de la ville : au plus bas

Les couleurs de l'ASC bientôt à nouveau en L2?La politique est faite de symboles. Le 15 avril 2008, moins de trois semaines après la victoire de Gilles Demailly, l’Amiens SC s’imposait face à l’équipe de football de Dijon et se qualifiait pour le dernier carré de la Coupe de France, où le club échoua face au PSG. Un an après avoir loupé la Ligue 1 d’un souffle. Sept ans après une finale au Stade de France restée dans toutes les mémoires. Bref, à une époque où l’ASC et ses supporters, malgré les insuffisances budgétaires du club, regardaient vers le haut tout en rêvant à la fantasmatique mais inéluctable accession à l’élite. Sauf que.

Tout était pourtant prêt: un stade récent dont l’extension semblait acquise ; l’un des meilleurs taux de remplissage de Ligue 2, avec un public qui ne demande qu’à exploser malgré la légendaire retenue picarde ; des joueurs de qualité qui font aujourd’hui le bonheur de clubs de Ligue 1 (Contout à Auxerre, Kadir à Valenciennes, Traoré et Sami à Nancy, etc.). Cette époque nous semble aujourd’hui avoir été la plus belle de l’ASC, alors qu’elle était, il y a peu, source de frustrations.

L’existence d’un club de football de haut niveau n’est certes pas une condition de développement d’une ville. Elle participe, cependant, à la construction de son image. Le maire ne pense pas différemment, lui qui s’inquiétait il y a peu de ce que les catastrophiques résultats de l’ASC pourraient nuire à la réputation d’Amiens… Des villes comme Lorient (58.000 habitants), Auxerre (37.000 habitants) ou Nancy (105.000 habitants) ne profitent-elles pas de leur présence et de leur réussite en Ligue 1? Le passage dans l’élite de Boulogne-sur-mer – fut-il court – n’a-t-il d’ailleurs pas contribué à renouveler son image?

Hélas, la Municipalité semble, depuis son élection, percevoir l’ASC comme une source inutile d’ennuis, voire comme un nuisible.

Gilles Demailly lors de Boulogne-Amiens en 2009La rédaction d’Amiensforum consacre ce mois-ci un dossier spécial à la place du sport dans notre belle ville. Pour illustrer son éditorial sur ce même sujet, Gilles Demailly apparait au milieu d’un stade coloré. Choix délibéré ou, plus probablement, pioche hasardeuse dans une banque d’image d’un journaliste recruté dans le Tarn ? La politique étant – aussi – faite de symbole, Gilles Demailly nous apparaît donc tout sourire au pied d’une tribune parée de rouge et de noir aux côtés de Frédéric Cuvillier, le député-maire de … Boulogne-sur-mer. Car cette photo a été prise le 29 mai 2009, au Stade de la Libération de la ville portuaire. Ce soir-là, l’ASC encaissait un 4-0 et descendait en championnat National, où le club se trouve encore aujourd’hui. La photo a sans douté été mal choisie, mais représente bien l’attitude de la Municipalité à l’égard du club phare de la Métropole.

La relégation de l'ASC vue par Amiens ForumQuelques pages plus tard, un court article annonce : « La Ligue 2, c’est pour plus tard. Mais la réduction des subventions, c’est sans doute pour bientôt. » Ton ironique qui n’est pas sans rappeler le petit encart lu dans Amiensforum n°3, qui annonçait ainsi la relégation: « Plus question de prendre l’autoroute entre Boulogne et Amiens. Pour les Amiénois, un seul chemin: la nationale » (un supporter boulonnais). De quoi faire très plaisir aux nombreux habitués du stade de la Licorne…

Heureusement, le maire rassure: « Nous vibrons avec nos équipes lorsqu’elles gagnent et sommes prêts à les encourager lorsque la réussite n’est pas au rendez-vous« . Encourager en soupirant devant son journal quand l’ASC perd 6-0 à Pacy-sur-Eure?

Le climat se dégrade pour la Municipalité, sauf dans « Amiens Forum »

Membre de ce que l’on appelle encore la majorité, le conseiller communiste Cédric Maisse pose la question sur son blog: « Quel est l’objectif réel d’Amiens-Forum? »

Alors qu’elle a constitué le coeur de l’actualité politique amiénoise en mars, la contestation issue de la fermeture de la place René n’a droit qu’à quelques lignes dans le numéro d’avril d’Amiensforum… Pourtant, la presse municipale s’est spécialisée dans les contestations en tous genres : manif contre les suppressions de postes, en soutien aux Contis, aux Goodyear, contre telle ou telle réforme gouvernementale, etc. Que près d’un millier d’Amiénois défilent rue des Trois cailloux ne mérite donc qu’un maigre article au bas de la page consacrée au débats du Conseil municipal et titré « René-Goblet: la coupe est pleine« … Cet article, loin d’informer les Amiénois qu’une manifestation d’ampleur s’est déroulée dans leur ville, laisse à penser que l’opposition est à l’origine des troubles créés au sein de l’assemblée communale. 

On comprend que la Municipalité veuille passer à autre chose et tente de noyer le poisson. La popularité des élus de la majorité, malgré un climat national qui devrait pourtant leur profiter, s’est déjà particulièrement émoussée après deux années de pouvoir. De toutes parts, des mouvements de contestation affluent. Les Amiénois, souvent perplexes sur la politique de l’équipe Demailly, ont chaque jour l’occasion de croiser des mécontents, de constater la pertinence de certaines critiques, de s’interroger sur quelques inconstances.

Les contestations sont en effet légions! Et une manifestation chasse l’autre: les animateurs de l’Institut Lumière refont parler d’eux. Comme nous en avions parlé il y a quelques mois, ils réclament la prise en charge par la ville de l’extension de leur institut culturel voué aux cultures arabo-musulmanes. Ce que la mairie a refusé considérant que cela constituerait une entorse au principe de laïcité. Problème: l’Institut accuse désormais nommément Gilles Demailly d’avoir promis cet investissement lors de la campagne de 2008. Une foule de plusieurs centaines de personnes s’est donc déplacée pour déposer en mairie une pétition signée par… 14.000 personnes! Tout en prévenant qu’elles « sauront en tenir compte lors des prochaines élections« . Là encore, la presse municipale fait état de son zèle : rien…

« Vivement les vacances! » pensent distraitement certains conseillers…

Questions sur un droit de réponse des communistes d’Amiens

Amiensforum n°9 inaugure une nouvelle pratique : le droit de réponse au courrier des lecteurs. Suite au courrier d’un Monsieur Dewaele concernant les époux Rosenberg (accusés d’espionnage pour l’URSS et exécutés aux Etats-Unis au début des années 1950) et établissant un parallèle douteux avec René Lamps, les communistes se sont en effet crus obligés de répliquer.

tribcom.jpegDans une tribune insérée dans la page du courrier des lecteurs et intitulée « un maire intègre et humain« , les « élus communistes et citoyens d’Amiens« , expriment « leur vive réprobation quand il est insidieusement tenté de ternir l’intégrité, la probité et l’humanisme de René Lamps » (voir ci-contre). Je ne dirai pas le contraire.

En revanche, comment interpréter la chute : « C’est en [la] mémoire [de Julia et René Lamps] que nous devons être fiers que des rues, des places ou des établissements publics portent les noms de celles et ceux qui ont su élever si haut les valeurs d’humanité, de résistance et de justice sociale » ? N’en déplaise au parti communiste, il est aujourd’hui avéré que Julius Rosenberg a espionné au profit de l’URSS, mettant en péril non seulement la sécurité des Etats-Unis mais également la nôtre. Rien ne justifie bien entendu leur condamnation à mort, mais en aucun cas les époux Rosenberg ne représentent les «  valeurs d’humanité, de résistance et de justice sociale ».

Passons sur ces considérations historiques pour nous pencher sur la forme.

Les élus communistes, partie intégrante – malgré tout – de la majorité, profitent de la bienveillance de la rédaction d’Amiensforum pour s’octroyer deux tribunes dans la même publication. Ceci est à coup sûr contraire au règlement intérieur de la ville et à l’esprit de la loi. On m’objectera sans doute qu’il s’agit là d’un droit de réponse (la tribune est présentée ainsi sur le blog des élus, cliquez ici). Cependant, dans le courrier de Monsieur Dewaele, il n’est nullement fait mention du nom d’un membre du groupe, ni même du groupe en lui-même ou du parti auquel il se rattache. Au titre de l’article 13-1 de la loi de 1881 sur la liberté de la presse, il ne peut donc nullement s’agir d’un droit de réponse.

Si la rédaction d’Amiensforum avait jugé le courrier de Monsieur Dewaele diffamatoire, elle n’aurait pas dû le publier, comme elle en a le droit et le devoir. En outre, par la plume de Pierre Mabire, il avait déjà été répondu au courrier, sans que soit abordée l’allusion à René Lamps. Ce point aurait dû être du ressort de la publication, non de celui des communistes, qui n’ont pour seul rapport avec René Lamps que l’appartenance au même parti.

Si la Municipalité souhaite être en accord avec ses principes, elle devra désormais laisser à l’opposition une tribune après chaque article qui, dans Amiensforum ou le JDA, remettra en cause la politique et les actions de Gilles de Robien. Il sera sans doute nécessaire de recruter un plein temps pour ce travail…

Il faut un début à tout : juste au-dessus de la tribune occupée par les élus communistes, un courrier de Monsieur Daniel Ficheux, lecteur d’Amiensforum, met nommément en cause l’élu du groupe Indépendant Jean-Claude Oger, concluant par un terrible « Monsieur Oger, pas de leçon de morale« . Il y a là matière à exiger légitimement un authentique droit de réponse. Espérons qu’un élu du groupe passe par là…

 

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