Archives pour la catégorie Legislatives 2012



EELV en lice pour la députation à Amiens : Thierry Bonté vert de rage

EELV en lice pour la députation à Amiens : Thierry Bonté vert de rage dans La majoriteLa politique a ses raisons que la raison ne connaît point. Chez les dirigeants socialistes, ces raisons ont pris la forme de quelques os à ronger pour leurs turbulents, mais modestes alliés Verts. En plus de quelques réacteurs nucléaires qui vaudront aux Français des factures EDF en hausse, le PS a donc accepté de sacrifier une soixantaine de circonscriptions législatives plus ou moins gagnables. Pour obtenir ces faveurs, les écologistes ont été contraints de s’asseoir sur leurs revendications les plus symboliques (fin du nucléaire, abandon de l’EPR). « A la fin, comme souvent, le « puissant » l’a emporté sur le « faible« , nous explique très bien le blog du PS amiénois (voir l’article « Les Verts préfèrent les postes à la riposte« …).

Signer un accord à Paris est beaucoup plus simple qu’en mesurer les conséquences sur le terrain. La ville d’Amiens, pour ce qui nous intéresse, est directement concernée par cet arrangement électoral et pourrait se doter d’un parlementaire écologiste. Puisqu’il fallait trouver un terrain favorable à une telle implantation dans le département, il n’est pas surprenant que la 2ème circonscription ait été choisie. On sait en effet que le vote écologiste est essentiellement – et paradoxalement – beaucoup plus urbain que rural. Le vote « bobo », en particulier, explique que les actuels députés écologistes, au nombre de quatre, aient été élus dans les agglomérations de Paris, Nantes et Bordeaux. Amiens est par ailleurs dotée d’élus en capacité de mener une campagne législative.

Cette nouvelle donne fait plusieurs heureux: Emilie Thérouin et Arnaud Caron tout d’abord, puisque l’un de ces deux élus pourrait faire son entrée au Palais Bourbon dès le mois de juin ; le député Olivier Jardé ensuite, qui préfère sans aucun doute affronter un candidat Vert sans troupes plutôt qu’un socialiste secondé par une cohorte de militants et par un parti politique autrement plus solide. Reste un malheureux dans cette histoire, qui ne se prive pas de crier à l’injustice.

 dans Legislatives 2012Thierry Bonté, puisqu’il s’agit de lui, se voyait bien prendre la place d’Olivier Jardé. Pas de chance, son parti en a décidé autrement. Profondément vexé, le vice-président d’Amiens Métropole s’est fendu d’un post rageur sur son blog, intitulé « Législatives, une proposition inacceptable ».  « Dans la 2ème, on « donne » une circonscription à un partenaire qui compte en tout et pour tout quinze militants locaux, qui plafonne à 6% dans les scrutins locaux et ne brille guère par sa présence sur le terrain« , nous explique-t-il. Rappelons que EELV est – officiellement – partie prenante de la majorité municipale… On imagine le niveau de tension régnant actuellement au sein de la municipalité !

L’accord PS-EELV suppose que des circonscriptions soient désignées un peu partout sur le territoire. On se doute que les militants PS concernés ne peuvent être enthousiastes à l’idée de s’effacer devant des écologistes qu’ils pourraient facilement dominer en cas de confrontation électorale. Les élus PS de poids parviennent sans trop de difficultés à éviter ce genre d’obstacle. Les circonscriptions récipiendaires sont donc choisies là où la capacité de résistance des élus PS est la plus faible. La municipalité amiénoise rentre dans cette catégorie.

Considérant que « les conditions de la défaite [de la gauche] sont réunies » parce que la circonscription a été laissée aux Verts, Thierry Bonté affirme ne pas vouloir participer à ces « arrangements« . Confronté à la sentence du PS, l’élu regrette peut-être de ne pas avoir persévéré dans le militantisme au sein de son ancienne famille politique : les Verts…

Parachutage tragique à Amiens: une victime à Abbeville

Parachutage tragique à Amiens: une victime à Abbeville dans La majorite image_40755109Mea culpa. Il y a quelques mois, j’avais affirmé que le maire d’Abbeville, Nicolas Dumont, deviendrait à coup sûr député de la 1ère circonscription de la Somme dès le mois de juin. C’était sans compter sur l’éternelle propension du PS à se livrer à des manoeuvres politiciennes dignes de la IVème République.

Le jeune élu abbevillois l’a appris à ses dépens. En effet, bien qu’il ait soutenu lors des primaires PS Martine Aubry, adversaire déclarée du cumul des mandats, il se voyait lui-même très bien député-maire dans quelques mois. Il aura déchanté en apprenant le souhait du PS de parachuter Christophe Borgel, apparatchik parisien dont nous détaillerons bientôt les mérites, sur cette circonscription clairement marquée à gauche.

L’ascension éclair du socialiste en vogue dans le département risque ainsi d’être brutalement stoppée par son propre parti. Au PS, quelques cadres aigris n’auraient pas appréciés d’être placés dans l’ombre du jeune homme et auraient fait le nécessaire pour retrouver la lumière. L’élection de Borgel, 49 ans seulement, interdirait pour longtemps l’accès du Palais Bourbon au trentenaire Dumont, qui s’y voyait déjà.

La place Max Lejeune étant bien trop étroite pour ses ambitions, le jeune maire pourrait-il partir en dissidence? A l’évidence, sa relative notoriété en dehors d’Abbeville et la physionomie de la circonscription, qui comprend le Nord d’Amiens, rendent aléatoires ses chances d’élection face à un candidat étiqueté PS et à un PCF qui tentera de conserver cette terre. Une défaite, assortie d’une immanquable exclusion du PS, briderait pour longtemps ses ambitions nationales. Une victoire ne manquerait à l’inverse pas de panache. Elle lui apporterait une forte autorité sur le territoire et marquerait une entrée en fanfare de l’élu sur la scène parlementaire.

Apparemment légitismiste, Nicolas Dumont pourrait finalement renoncer, non sans négocier quelque avantage ou perspective politique. Les manoeuvres de la rue de Solférino, relayées par le Courrier Picard, laissent à penser que le parachutage de Christophe Borgel est bel et bien sur les rails. L’accepter ne signifie pas l’approuver. Il n’est donc pas à exclure que le maire d’Abbeville mise sur l’élection d’un député PCF face au candidat de son parti. A cet égard, si cette configuration se confirme, les résultats électoraux d’Abbeville seront à examiner de près.

A moins que Nicolas Dumont ne parvienne à faire peur à Christophe Borgel, classé à la droite du PS, par le moyen de manoeuvres politiques dont seuls les socialistes ont le secret. Pas évident pourtant de renvoyer le cadre PS à Paris : le député de la 1ère circonscription serait aussi l’un des deux d’Amiens. Une situation idéale pour récupérer, dans la foulée, l’écharpe de maire de la ville…

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