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Parachutage tragique à Amiens: une victime à Abbeville

Parachutage tragique à Amiens: une victime à Abbeville dans La majorite image_40755109Mea culpa. Il y a quelques mois, j’avais affirmé que le maire d’Abbeville, Nicolas Dumont, deviendrait à coup sûr député de la 1ère circonscription de la Somme dès le mois de juin. C’était sans compter sur l’éternelle propension du PS à se livrer à des manoeuvres politiciennes dignes de la IVème République.

Le jeune élu abbevillois l’a appris à ses dépens. En effet, bien qu’il ait soutenu lors des primaires PS Martine Aubry, adversaire déclarée du cumul des mandats, il se voyait lui-même très bien député-maire dans quelques mois. Il aura déchanté en apprenant le souhait du PS de parachuter Christophe Borgel, apparatchik parisien dont nous détaillerons bientôt les mérites, sur cette circonscription clairement marquée à gauche.

L’ascension éclair du socialiste en vogue dans le département risque ainsi d’être brutalement stoppée par son propre parti. Au PS, quelques cadres aigris n’auraient pas appréciés d’être placés dans l’ombre du jeune homme et auraient fait le nécessaire pour retrouver la lumière. L’élection de Borgel, 49 ans seulement, interdirait pour longtemps l’accès du Palais Bourbon au trentenaire Dumont, qui s’y voyait déjà.

La place Max Lejeune étant bien trop étroite pour ses ambitions, le jeune maire pourrait-il partir en dissidence? A l’évidence, sa relative notoriété en dehors d’Abbeville et la physionomie de la circonscription, qui comprend le Nord d’Amiens, rendent aléatoires ses chances d’élection face à un candidat étiqueté PS et à un PCF qui tentera de conserver cette terre. Une défaite, assortie d’une immanquable exclusion du PS, briderait pour longtemps ses ambitions nationales. Une victoire ne manquerait à l’inverse pas de panache. Elle lui apporterait une forte autorité sur le territoire et marquerait une entrée en fanfare de l’élu sur la scène parlementaire.

Apparemment légitismiste, Nicolas Dumont pourrait finalement renoncer, non sans négocier quelque avantage ou perspective politique. Les manoeuvres de la rue de Solférino, relayées par le Courrier Picard, laissent à penser que le parachutage de Christophe Borgel est bel et bien sur les rails. L’accepter ne signifie pas l’approuver. Il n’est donc pas à exclure que le maire d’Abbeville mise sur l’élection d’un député PCF face au candidat de son parti. A cet égard, si cette configuration se confirme, les résultats électoraux d’Abbeville seront à examiner de près.

A moins que Nicolas Dumont ne parvienne à faire peur à Christophe Borgel, classé à la droite du PS, par le moyen de manoeuvres politiques dont seuls les socialistes ont le secret. Pas évident pourtant de renvoyer le cadre PS à Paris : le député de la 1ère circonscription serait aussi l’un des deux d’Amiens. Une situation idéale pour récupérer, dans la foulée, l’écharpe de maire de la ville…

Le leurre du TGV à Amiens ou comment passer à côté de la grande vitesse

Le leurre du TGV à Amiens ou comment passer à côté de la grande vitesse dans Transport demander_remboursement_billets_sncf_tgvLa municipalité est-elle consciente que l’avenir d’Amiens se joue maintenant ? Je vous le disais déjà il y a plusieurs mois: en raison d’un engagement politique insuffisant de leurs représentants, les Amiénois risquent d’être privés pour longtemps de la grande vitesse, instrument essentiel de la métropole de demain.

Le maire se refuse à utiliser le PS pour faire avancer les dossiers de la ville, mais en a-t-il les moyens ? De même a-t-il renoncé à toute tractation lors de l’examen du Grenelle de l’environnement par opposition de principe (c’est la méchante droite qui a fait adopter le texte). Autant de réticences que n’ont pas eu les élus normands qui, d’une seule voix, revendiquent désormais une liaison grande vitesse vers Londres et Paris. Quand les députés de la Somme ont, à l’arraché, obtenu que la ligne Paris-Amiens-Calais soit inscrite au schéma national des infrastructures des transports (SNIT) à l’automne 2008, le maire ne jurait déjà plus que par le barreau Creil-Roissy. Joli symbole de l’ambition plus que mesurée de la municipalité pour sa ville et véritable erreur stratégique qui aura fait des heureux du côté de Rouen.

Car la « ville aux cent clochers » est déjà assurée d’être reliée à la grande vitesse d’ici à 2020. La liaison souhaitée entre Paris et Le Havre sera probablement une réalité bien avant qu’un premier coup de pioche soit donné entre Creil et Roissy afin d’amener le TGV (et non la grande vitesse) aux Amiénois.

Nous en avons déjà parlé ici, l’ambition normande va désormais jusqu’à vouloir faire de Rouen une »ville centre », desservie par deux lignes à grande vitesse (LGV). Hormis Paris, il n’y a guère que Lille et bientôt Marseille pour se prévaloir des mêmes atouts. En effet, le SNIT tel qu’il se présente aujourd’hui envisage la création d’une ligne Rouen-Calais ou d’une ligne Paris-Amiens-Calais. Le nuance est dans le « ou », qui inscrit Amiens et Rouen dans une logique de concurrence, voire d’affrontement. Si Amiens venait à perdre ce combat comme elle a perdu celui des années 1980, son statut de capitale picarde ne pèserait plus bien lourd face à l’attractivité de Lille, Reims, Rouen (Abbeville?), ces villes qui seront ou sont déjà liées à l’Europe par des LGV.

« « Amiens ville TGV » est un slogan de choix pour attirer les entreprises de pointe, qui ont besoin d’une telle desserte, et les emplois supérieurs« , proclamait fièrement Gilles Demailly dans sa contribution au débat public sur le barreau (la contribution ici). Ce slogan n’est qu’un leurre: l’apport du TGV ne sera en rien comparable à celui d’une LGV… Et c’est bien sur le terrain de la LGV que se situe le débat, non sur celui bien arrangeant pour les Rouennais du TGV.

Car Rouen n’a pas manqué de noter l’attentisme des Amiénois sur le dossier et compte bien en tirer profit. Gilles Demailly croit sans doute que l’étiquette socialiste de la députée-maire normande ne lui garantit que du bien. Cette dernière a pourtant regroupé autour du projet tout ce que la Normandie compte d’élus et ne s’est pas préoccupée pour cela de leurs couleurs politiques. Les plus influents (notamment Antoine Rufenacht, le maire UMP du Havre et Laurent Fabius, député PS de Seine-Maritime) assiègent les cabinets ministériels et mobilisent les Normands.

Pendant ce temps, Amiens réclame son lot de consolation (le barreau) en oubliant de mener la bataille qui décidera si, oui ou non, elle est la ville de demain dont nous rêvons tous. L’heure est donc à la mobilisation et nous pouvons légitimement douter de la détermination de la municipalité à mener ce combat.

Des primaires socialistes à Amiens : Gilles Demailly en vogue ou dans le vague ?

Des primaires socialistes à Amiens : Gilles Demailly en vogue ou dans le vague ? dans Divers 2093378108_c1569c9464_bC’est la dernière idée de Gilles Demailly. Ou plutôt non, c’est l’idée du parti socialiste, que le maire d’Amiens a trouvé sympa et qu’il souhaite reprendre à Amiens: des primaires! Encore sous le coup de l’émotion du résultat final des primaires PS, notre édile a émis cette proposition sans en référer préalablement à son équipe. Stratégie politique finement étudiée par son cabinet ? Premier pas vers un retrait en 2014? Gilles Demailly a plus probablement voulu surfer sur la vague médiatique de la préparation des présidentielles par son parti. D’autant que la venue à Amiens, en quelques semaines, de Arnaud Montebourg, de sa favorite Martine Aubry et du vainqueur François Hollande l’auront poussé à s’intéresser à ces primaires.

Le maire d’Amiens, qui rejette depuis le début de son mandat le « jeu des partis » sous le prétexte de vouloir se consacrer intégralement à sa ville et qui s’enorgueillit de ne presque jamais se rendre rue de Solférino à Paris se découvre soudainement en homme politique soucieux de servir le PS. Sans doute s’est-il laissé bercer par les argumentaires socialistes sur la dynamique d’union que ne manquerait pas de provoquer ce genre de rendez-vous électoral. Tout ne sera cependant pas si simple…

Pas si simple, car cette primaire ne mettrait pas en scène des personnalités aussi connues que François Hollande et Ségolène Royal. Imagine-t-on les Amiénois se passionner pour un débat entre Gilles Demailly et Francis Lec sur France Bleu Picardie ? Contrairement à ce qu’espère le maire, ce combat fratricide n’aurait d’autre résultat que de semer la division dans son camps… et au-delà. Résultat d’ailleurs prévisible de cette annonce: Emilie Therouin a aussitôt répliqué que « les écologistes doivent réaffirmer le principe de l’autonomie de l’écologie politique à l’occasion des élections municipales de 2014 que les Verts défendront leur propre sensibilité au cours des prochaines municipales » (voir ici).

Enfin, comment imaginer un maire en place s’impliquer dans ce genre de démarche? Candidat lors de primaires, Gilles Demailly essuierait immanquablement les attaques de ses « amis » et éventuels concurrents, qui n’auraient pas d’autre façon de ses démarquer que de critiquer son action à la tête de la Ville. A contrario, si le maire se retire finalement en 2014 comme peut le laisser présager cette étrange proposition, son mandat, achevé par une mise à l’écart, laisserait un bien piètre souvenir.

Gilles Demailly n’a sans doute pas réfléchi à tout cela avant de laisser s’exprimer son enthousiasme de militant socialiste. Comme d’habitude, il parle beaucoup, mais n’anticipe pas grand chose.

Bilan de mi-mandat de la municipalité d’Amiens (2) : la démocratie sauce tartare

Bilan de mi-mandat de la municipalité d'Amiens (2) : la démocratie sauce tartare dans Democratie localeIl n’est plus un jour sans que l’on nous vante les mérites de la démocratie. Comme si nous doutions de ses bienfaits. Certes, elle n’est jamais acquise, nous en avons parlé lors des dernières élections cantonales, mais s’en réclamer à tort et à travers selon ses intérêts ne constitue pas la meilleure manière de la défendre.

« Exercer des responsabilités municipales n’implique pas de penser à la place des concitoyens« , nous explique tranquillement la municipalité page 6 de son bilan (véridique). Effectivement, si nos élus veulent donner à la ville l’apparence d’une démocratie athénienne, il n’en demeure pas moins que l’Agora amiénoise est désertée. Les bonnes volontés, autrefois multiples, ont  été réduites au silence au profit de loteries bien peu démocratiques.

Les comités de quartier ont notamment été sacrifiés. Ils regroupent pourtant des personnes volontaires, motivées, intégrées et reconnues dans leurs quartiers. Ils ont le tort, cependant, d’avoir été créés par Gilles de Robien en 1989. A la place, la municipalité a lancé quatre conseils d’habitants, regroupant chacun 28 personnes tirées au sort. Dotés d’un budget spécifique, ces conseils ont connu des débuts plus que laborieux, que l’adjoint en charge a été forcé de reconnaître dans la presse. Comment faire vivre ces conseils et les rendre utiles quand les personnes concernées n’ont rien demandé, quand elles ne s’intéressent pas forcément à leur lieu de vie, quand elles refusent parfois le principe de ces conseils? Il a donc été bien difficile de constituer ces assemblées de 28 personnes et impossible d’en retenir l’intégralité des membres…

Ces conseils « émettent des avis sur les questions qui engagent l’avenir de la ville« . Exemple donné par Etienne Dejonquères lors du dernier conseil municipal : les conseils Ouest et Sud ont visité trois écoquartiers aux Pays-Bas et proposent, entre autres, « une campagne de sensibilisation sur l’eau et son traitement » (je croyais que polluer, c’était bien) et « d’augmenter le nombre de poubelles enterrées à Amiens » (les élus ne sont donc pas capables d’avoir cette idée).

Que ces avis soient ou non pertinents est finalement accessoire. Sous couvert de démocratie, on renonce aux principes de notre démocratie représentative, puisqu’on entrouvre les portes de la décision à des personnes qui n’ont pour seul mérite que d’avoir été tirées au sort. Le concept a même été étendu aux séniors, qui disposent eux aussi d’un conseil spécifique. Chaque Amiénois, selon son âge, son lieu de vie ou encore son sexe devra-t-il bientôt se sentir représenté auprès d’élus qui, eux-mêmes, sont sensés représenter l’ensemble indistinct des habitants? La démocratie »participative » se mord la queue…

« Les Amiénois ont de l’ambition pour leur ville« , proclame le bilan page 15. En y impliquant les habitants dans la poursuite des aménagements du quartier Paul-Claudel, les débats auraient par exemple abouti « à des choix cohérents et compris par tous« . La preuve: des associations (lesquelles?) voulaient « des rues sans voitures » (?), alors que des riverains, bizarrement, en avaient besoin pour aller travailler. Fichtre! La démocratie est passée par là et le nouveau projet « rompt avec la première réalisation par une bien plus grande convivialité et une vie ensemble plus intelligemment conçue« . Joliment dit mais où est le concret? Peut-on accepter que, sous prétexte de démocratie, dix habitants aient le pouvoir de décider pour des centaines qui ont peut-être autre chose à faire que de courir les réunions et pensaient bêtement que les élus étaient là pour ça?

Un maire qui prend une décision en connaissance de cause et avec le souci du bien commun n’est pas forcément un autocrate s’il fait quelques mécontents. Un autre qui attend, tergiverse et  nous sert finalement la démocratie à tous les plats pour tenter de ne froisser personne, celui-là n’est pas forcément le plus apte à la décision.

Bilan de mi-mandat de la municipalité d’Amiens (1) : une belle image en trompe l’oeil

Bilan de mi-mandat de la municipalité d'Amiens (1) : une belle image en trompe l'oeil dans La majorite dpotdebilan« Les mesures majeures ne sont pas toujours connues de tous« . Voilà ce qui a notamment poussé Gilles Demailly à entreprendre la réalisation de son bilan de mi-mandat, nous explique-t-il dans son édito. Doux euphémisme. Pour illustrer cet éditorial, le maire a d’ailleurs choisi une photo de lui qu’il affectionne particulièrement, prise lors du match Boulogne-Amiens en 2009. Une défaite 4-0 pour l’ASC…

Voir Amiens gagner, voilà un objectif qui aurait pu être « rappelé » par ce bilan. Car le « rappel des objectifs« , égrainé tout au long de l’opus municipal, n’est rien d’autre qu’une suite de voeux pieux : »permettre aux jeunes et aux familles de se loger correctement dans l’agglomération« , « développer un transport collectif de qualité et plus rapide« , ou encore « faire de la culture et du sport des ferments de solidarité« . Et la paix dans le monde ?

 dans La majoriteUne ville où tout va mieux, et tout ira encore mieux demain. Voilà la belle image donnée d’Amiens par la brochure. Mais grattons un peu et cette image s’écorne. La photo des pages 4 et 5 (ci-dessus) veut par exemple illustrer le nouveau dialogue instauré par les élus, qui vont désormais à la rencontre des habitants, sur le terrain. En y regardant de plus près, toutefois, on remarque que, sur la quinzaine de personnes reconnaissables et présentes lors de cette « balade urbaine », pas moins de neuf sont liées à la municipalité : élus, services, OPAC et même JDA… Page 12, sur une autre photo, la municipalité se permet même de confondre les constructions de la Fosse-au-Lait avec celles d’Amiens-Nord (rue des 3 Baisers)… Lesquelles sont d’ailleurs toutes les deux des réalisations initiées par l’équipe Robien.

« L’homme avant le béton« 

Car l’équipe Demailly reste obsédée par Gilles de Robien. Tout au long de la brochure, les allusions plus ou moins implicites à l’ancien maire et à son action sont légion. Impossible semble-t-il pour cette municipalité de se focaliser exclusivement sur l’avenir : la tentation de répondre aux critiques entendues dans les rues ou lues dans la presse est trop forte. Le bilan de mi-mandat précise d’ailleurs que « la gestion de la ville reste exemplaire » (p8), qu’Amiens « reste dans le peloton de tête des villes les moins endettées » (p9). Comme un soulagement… L’opus municipal attribue malgré tout sans vergogne un nombre incalculable de projets Robien à la municipalité en place : éco-quartiers, rénovation des musées, ZAC Gare, Boréalia, Citadelle, etc. Gilles de Robien est partout. Gilles Demailly veut privilégier « l’homme avant le béton« , mais n’oublie pas pour autant de couper les rubans et de s’en faire l’écho.

Personne n’aura enfin manqué le pied de nez de la page 36, où figure la dernière photo de l’ouvrage. Les bâtiments de la ZAC Cathédrale y sont absents, effacés par une mairie qui croit trouver en cette vision d’Amiens un argument massue. Mais derrière ces bâtiments alors en projet figurent pourtant d’autres réalisations majeures : la faculté de droit, le Parc St Pierre, le quartier St Leu réhabilité.

La municipalité dit être concentrée sur l’avenir de notre ville, mais argumente sur le passé…

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